‹ Platon [microform]Chapitre 189 sur 287 · EN AR TG CT · texte numérisé non relu

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c’est manifestement la douleur qui l'emporte : elle en jaillit sous toutes les formes. Outre qu'ils ne sont pour :a plupart que des « cessations de souffrances », ils acquièrent une intensité qui trouble la raison et nous livre à la merci des choses: ils finissent même avec le temps par détruire la source dont ils émanent : à leur suite s’avancent les maladies et la mort !. Plus grande est la part qu'il convient de faire aux plaisirs du « cœur »; ils sont à la fois moins mélangés et moins fougueux. Mais ils relèvent encore du genre de « l'infini » ?; et, à ce titre, illeur faut une mesure et un à-propos qu'ils ne trouvent point en eux-mêmes. On ne peut les introduire qu’en les ramenant aux proportions voulues pour qu’il n’en naisse plus aucun trouble *. Quant aux plaisirs qui nous viennent des arts et des opinions

vraies, quant à ceux surtout de cette science royale qui ἃ

pour objet l'être éternel et achevé, 115 n'admettent jamais ni mélange ni excès d'aucun genre : c’est le vin des immortels, c’est de l’ambroisie. I] faut les faire couler à plein bord de leur source divine « et les laisser tous se rassembler dans le sein de la très poétique vallée d’'Homère # ».

Ainsi s'évaluent les joies humaines; et dès lors la notion du bonheur se précise en s’élevant : c'est une hiérarchie de plaisirs où chacun d’eux se classe d’après son degré d’eurythmie et de pureté.

De quelles causes procède cette diversité de plaisirs? La santé du corps, la vigueur et la beauté physiques y sont pour quelque chose; la fortune, les honneurs et l'amitié concourent également à leur éclosion. Mais ces biens sont d'ordre inférieur : ils n’ont qu'une valeur conditionnelle et toute relative. Nous pouvons en abuser et

. PLaT., Phileb., 63%; — V. plus haut, p. 227-228. . V. plus haut, p. 230-231.

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