Id., Phæd., 74°-75°; — Rep., NV
ne s'adaptent que d'une manière approximative aux proportions mathématiques qu'ils tendent pourtant à réaliser !.
Tout est riche et pauvre à la fois dans la nature, comme le fils de Poros et de Pénia; tout s'y mélange de fini et d'infini, de bien et de mal. La perfection ne s’y
montre nulle part; et cependant il faut que la perfection soit : l’imperfection la suppose et n’en est que la dégradation. Tout ce qui a de la sagesse postule la Sa-
gesse; tout ce qui a de la vertu, la Justice ; et tout ce qui est beau de quelque manière, la Beauté. Car il faut, en chaque chose, arriver à une cause première qui, ne dépendant que d'elle-même, soit l'acte plein de son possible : il faut, en chaque chose, remonter jusqu’à l’absolu?.
Il y a donc, par delà les sensations, des réalités qui sont à la fois unes, immuables et parfaites. Et voilà les « idées »°.
Mais leur existence ne se fonde encore que sur des preuves indirectes. Dans le Phédon, le problème se simplifie : Platon y fait des idées l’objet immédiat de notre intelligence. D'après ce dialogue, nous ne les dégageons pas des données empiriques, elles nous viennent tout droit de la conscience sous le choc de la sensation : nous y pensons, à propos des objets extérieurs, comme on pense à un ami en voyant une lyre qui lui appartient#. Par exemple, le spectacle des choses belles évoque en nous la notion de beauté. Or, qu'est-ce que la beauté?