INTRODUCTION
Les pleurésies séro-librineuses se présentent souvent en clinique sous la forme d’un syndrome aigu ou subaigu. L'6volution en est habituellement bénigne, la guérison survenant au bout d'un temps qui ne dépasse pas quelques semaines à l'ordinaire. Il y a résorption spontanée du liquide épanché.
Dans ces cas, la thoracentèse est le plus souvent inutile, et lorsqu'on est obligé d'y recourir c'est pour parer au danger que constitue la gêne mécanique apportée par une abondance trop considérable du liquide. Il est rare que l’on ait à la répéter. Telle est l'opinion à laquelle se sont ralliés actuellement la plupart des auteurs.
A l'opposé de ces formes aiguës, il existe des pleurésies séro-fibrineuses chroniques, récidivantes, que Dieulafoy, le premier, a qualifiées de pleurésies « intarissables ».
Ait Ces pleurésies sont, en effet, caractérisées essentiellement : — par la persistance de l’épanchement qui n'a aucune tendance à se résorber spontanément; —— par sa reproduction rapide après chaque ponction; — par sa latence relative; —— par son abondance qui rend les ponctions répétées nécessaires.
Cette variété d'épanchement, si spéciale par son évolution, est peu fréquente, eu égard au grand nombre de syndromes pleurétiques rencontrés en clinique. On n’en trouve que de rares relations dans la littérature et les traités.
C'est pourquoi il nous à paru intéressant d'y revenir dans ce modeste travail.
À quel moment est-on en droit de dire qu'une pleurésie est une pleurésie intarissable ?
Il ne saurait évidemment être question ici de date précise.
L'expérience à d’ailleurs montré qu'il ne faut jamais admet-
tre de règle mathématique en clinique. De plus, dans le cas particulier, le facteur temps ne peut être considéré que comme un des éléments du caractère intarissable. Nous aurons l’occasion de citer au cours de ce travail une observalion dans laquelle l’évolution fut très rapide, alors que les caractères mêmes de l’épanchement nous l’ont fait considérer comme intarissable.
Cependant, Jaccoud considérait qu'une pleurésie était passée à l'état chronique lorsque l’épanchement persistait plus d’un mois sans diminuer.
Les pleurésies séro-librineuses nous intéresseront seules ici. Nous éliminons donc les pleurésies intarissables d'autre nature, à savoir les épanchements purulents et les épanchements hémorragiques. N’envisageant de même dans cette étude ques des épanchements de la grande cavité, nous éliminons, de par leur siège, certaines pleurésies : interlobaires, diaphragmatiques, enkystées, cloisonnées; toutes variétés qui pourraient se montrer intarissables, alors même que le facteur « abondance » serait absent.
HR à LA
La pleurésie tuberculeuse étant le type de ces pleurésies séro-fibrineuses intarissables, c’est à son étude que nous nous bornerons ici après avoir rapidement signalé les autres variétés étiologiques possibles.
Nous examinerons ensuite un cas assez particulier de pleurésie intarissable au cours d’une cirrhose atrophique, cas quil nous a été donné d'observer dans le service de clinique d: M. le Professeur Mauriac, l'observation de ce cas soulevant des hypothèses pathogéniques intéressantes.