‹ Pleureuses; poésiesChapitre 21 sur 67 · TOI · texte numérisé non relu

TOI

Gomme avec de la charité.

Dans le crépuscule fané, Lorsque le soleil t'abandonne, J'ai ta vérité qui rayonne Sur ma pâleur d'illuminé.

Je t'aime, ma vie est sauvée ; Sois dure, sois lâche toujours...

Dans le grand vertige des jours Je règne de t*avoir trouvée 1

En vain tu me chasses de toi, Quand vague et las, je t'ai servie, Tu m'accueilles avec ta vie Et ta splendeur est devant moi !

Je t'aime tant, Insatisfaite.

Que le silence est radieux...

Et qu'à chaque heure, dans tes yeux

Je sens que ton âme est en fête!

Tu peux, froide, charger mon faix.

Tu peux m'insulter, me maudire; Malgré toi je sens ton sourire Sur les pauvres pas que je fais.

Malgré toi, ta grâce pardonne Le dédain que tu m'as jeté.

Comment veux-tu que ta beauté Sois méchante puisqu'elle est bonne.

TOI m

Et toi qui n'as jamais été Qu'altière aux heures attendries, Je vis, et c'est toi qui m'en pries, Je vis. et c'est ta volonté.

Dx\NS LE SOIR

Dans les ombres au loin, Téglise a blasphémé Qui dit le mal de vivre avec son orgue vague. 0 toi, le plus spleadide et le plus affamé...

Tu marches sur la nuit comme sur une vague, Quand tu lèves les yeux ve'rs Tazur bien-aimé, Tu vois le dieu du soir qui s'éloigne et qui vague..

Et toi, pauvre comme eux et comme eux sans lien, Pâle prophète ayant dans les yeux une flamme, Pardonne, comme si ton pardon n'était rien!

Et l'herbe sous tes pieds est une longue gamme. Et le grand bois astral se dresse et se souvient Dans le silence et la musique de ton âme...

Le figuier, où confus et plein d'un grand dessein. Tu fadossas le soir pour rêver de merveille, Met sa dentelle d'ombre au marbre de ton sein.

Et l'herbe patiente à tes pieds s'ensommeille,

Et l'adoration erre comme un essaim

A l'arbre pur et blanc, ô maître, de ta veille.

Pense au très long soleil sur le seuil étouffant, Aux chambres de silence, aux douleurs dépensées; Aux faibles que lassa l'avenir triomphant.

Car la vie est un cri vers les choses passées, Et nous sentons le soir nos prières d'enfant Revenir près de nous comme des délaissées.

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