‹ Pleureuses; poésiesChapitre 33 sur 67 · UN PEU D'AUBE · texte numérisé non relu

UN PEU D'AUBE

Voici le long sommeil blêmir. .

Ton geste vaguement implore La bonté trouble de Taurore Et l'innocence de dormir...

Ton âme est encore noyée Dans la tiède douceur d'hier, Tu sens faiblement que ta chair Ouvre ses ailes repliées...

Dans la réalité du jour, Très vaillante, tu l'es dressée, Les yeux pleurants, martyrisée, Comme une étoile dans le jour.

L'aube de promesse et de crainte Est en argent sur l'oreiller, Elle voudrait t'émerveiller Et consoler la lampe éteinte.*

Puis levée, et les doigts amis Comme le froid est plein de haine, Tu recouvres du drap de laine La douce place où tu dormis...

DEMI-RÉVE

Je voudrais la paix qui neige:

Voici le conte qui s'achève, Oh ! c'est que rien n'est oublié Voici la fatigue qui rêve De vieille enfance et de pitié.

Voici la fatigue qui pleure, Qui pleure pour nous et pour toi ; Vois-tu, la paix est la meilleure Qui vient, tremblante encor, vers moi

Ma pitié, c'est de l'innocence Qui ne peut jamais consoler, C'est la prière du silence, Et l'amour que Ton laisse aller...

Quel parfum de mélancolie Donne le songe du passé...

J'ai rêvé de ce que j'oublie, Je vis de ce qu'on m'a laissé.

0 bon passé, toi qui me charmes, 0 vague hiver où j'ai pâli, Revenez, les maux et les larmes, Dans le sourire de l'oubli.

Pourquoi le passé se lamente?...

Il m'est un neuf et doux espoir, ..

J'ai besoin de son ombre aimante, Puisque dehors c'est le vrai soir.

La bonne soirée où je trône S'attarde alors en soins confus.

Et divinise d'une aumône Le pauvre, pauvre que je fus...

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