ELLES SONT MORTES
Je vis tes longs cheveux bouclés Et leur or pâle qui frissonne, Et ta piété monotone Dans tes yeux bleus et désolés.
Tu fus la clarté gracieuse Qui m'environnait, et je sais Qu'au fond, un peu, tu frémissais Avec ton âme sérieuse...
Ta robe droite du dimanche Laissait à nu ton petit cou.
Tu ne me parlais pas beaucoup, Tu rôdais dans la maison blanche.
... J'entendais rêver des ruisseaux Sous le repos des saules pâles.
Dans mes mains tristes et royales J'ai tenu leurs âmes d'oiseaux...
Elles ont des rondes d'amour Et des y«ux de petites filles.
Elles OQl des bouches gentiHes Et des questions, tout autour..,
Au pays morrïe sans saison Où seul je vais, lent patriarche, Je vois s'ouvrir devant raa marche Le grand regard de Phorizon.
Je porteen moi ma vie altiére.
Le ciel est gris; mon cœur se fond Dans mon orgueil vide et profond Comme un bonheur dans la lumière,