‹ Pleuro-Tuberculose Primitive et Méningite Tuberculeuse Étude comparée des liquides pleural et céphalo-rachidienChapitre 9 sur 40 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I. — P.., 4o ans, corroyeur, entre à l'hôpital Cochin le 15 juin 1905, salle Woillez, n° 23, dans le service de M. Widal.

Il est malade depuis une dizaine de jours, il a souffert d’un point de côté droit, accompagné de frissons répétés. Il aurait.eu pendant deux jours du délire.

Actuellement, malgré la sédation de la douleur, la dyspnée est intense, le facies est pâle, amaigri, anxieux, la figure est couverte de sueurs. Tout l’hémithorax droit est voussuré, immobile, mat à la percussion sauf sous la clavicule où existe du skodisme; les vibrations sont abolies. La respiration est lointaine, voilée ; l’expiration est légèrement soufflante, On note un peu d’égophonie et de la pectoriloquie aphone très nette. Le foie est légèrement abaissé.

Le malade expectore des crachats muqueux que l’auscultation du poumon gauche pérmet de rattacher à une bronchite concomitante.

Il n'y a rien au cœur ; le système nerveux est intact, les urines ne contiennent pas d'albumine.

La température atteint 390, le pouls bien frappé est à 108. Dans ses antécédents on trouve : la syphilis à l’âge de 20 ans, et à 27 ans une fluxion de poitrine dont il s'était admirablement remis.

Le 16 juin. — La dyspnée est plus violente que la veille. L’épanchement évalué cliniquement à 4 litres environ à cause de l’abaissement du foie, de la voussure thoracique et de l’étendue de la matité semble gêner par son abondance. Une ponction évacuatrice de 1.500 cc. environ amène d’ailleurs une sédation des phénomènes dyspnéiques.

Le 21 juin. — La gêne respiratoire a peu à peu augmenté, il existe aujourd’hui de l’orthopnée. Le foie dépasse de trois à quatre travers de doigt Le rebord des fausses côtes, la matité s'étend en arrière du haut en bas du poumon ; mêmes signes stéthoscopiques qu’à l’entrée. L'épanchement est évalué à 4 ou 5 litres : on fait une ponction exploratrice de 20 ce.

Le'26 juin. — La quantité du liquide accumulé dans la plèvresemble être à peu près la même que les jours précédents, le foie est cependant moins abaissé et l’épanchement aurait tendance à diminuer. Mais l’état dyspnéique du malade avec menace de syncope commande lintervention. On évacue à l’aide de l'appareil de Daguet 1.100 grammes de

liquide citrin.

Le 3 juillet. — Les signes fournis par l'examen du poumon sont toujours à peu près identiques ; mais l’épanchement semble en voie de diminution ; la matité est moins absolue dans les fosses sus et sousépineuses ; le foie tend de plus en plus à se cacher sous les fausses côtes. La température a depuis l'entrée du malade constamment oscillé autour de 39° avec maximum vespéral. Les symptômes fonctionnels sont bien moins accusés.

Le 11 Juillet. — Depuis la dernière ponction, tous les phénomènes se sont amendés ; la clinique révèle la présence d’un épanchement de moyen volume. Toute la région supérieure du poumon en arrière a retrouvé sa sonorité normale. La fièvre descend depuis plusieurs jours, elle reste au voisinage de 380.

Le 21 juillet. — La fièvre a complètement disparu. Le malade, au régime lacté depuis son entrée, réclame à manger.

L’épanchement est faible, et ne trahit sa présence que par de la diminution des vibrations et de la submatité localisée à la base droite. Une ponction exploratrice révèle la présence de liquide à ce niveau.

On ordonne l’alimentation, on prescrit un régime fortifiant, et l’absorption quotidienne de viande crue.

Le 27 juillet 1906. — Le malade quitte l'hôpital ; il a engraissé de 3 kilogs 500 en 8 jours ; il ne crache plus, il ne conserve de sa pleurésie qu’une diminution faible des vibrations à la base droite : sa respiration est normale à ce niveau, il existe quelques frottements.

Quinze jours environ après avoir quitté le service P... y rentre à nouveau, non pour soigner sa pleurésie dont il n’existe pas de traces (il persiste seulement un peu de submatité à la base droite), mais pour calmer un état neurasthénique, accompagné d'idées de suicide, développé à la suite de la perte de sa place de corroyeur.

Il quitte la salle Woillez le 21 août pour aller en convalescence. Il n’a jamais eu de fièvre, son poids est passé pendant son court séjour à l'hôpital de 57 kil. 750 à 61 kil. 550. Cette augmentation n’est pas imputable à la reproduction de l'épanchement dont il n'existe aucun signe : quelques frottements perceptibles à la base du poumon droit plaident d’ailleurs contre cette hypothèse.

Recherches de laboratoire. — Chez ce malade on a pratiqué six ponctions.

1e Ponction. — 16 juin 1905. Onzième jour de la maladie.

Volume de l’épanchement : 4 litres environ (eliniquement).

Lieu de la ponction : neuvième espace intercostal (en arrière). Quantité : 1.500 cc.

Couleur : citrin, clair,

Limpidité : parfaite.

Fibrine : en très petite quantité.

ART Cytologie. — 1° Numération.

2° Pourcentage.

Lymphocytes. LAPARURE 68,6 Grands éléments uninucléés. 28,2 Polynucléaires 3,2

Les éléments sont bien conservés. Les grands mononucléaires ont leur protoplasma creusé de vacuoles, mais ne sont nullement en plasmolyse.

2° Ponction. — 21 juin 1905. Seizième jour de la maladie.

Volume de l'épanchement : 5 litres environ (cliniquement).

Lieu de la ponction : neuvième espace intercostal (en arrière). d Quantité : 20 cc.

Couleur : citrine.

Limpidité : parfaite.

Fibrine : très peu fibrineux, au bout de 1 heure 1/2 il n’y a ni coagulum dans un tube, ni réticulum fibrineux sur lame.

Cytologie. — 19 Numération.

Globules rouges : 1.030 par mmc.

Eléments blancs : 120 par mmc.

Nombre total des éléments blancs : 600.000.000

20 Pourcentage.

ND

Lymphocytes Grands éléments Éninuelées Polynucléaires .

Toutes les cellules sont en bon état de conservation. Les grands mononucléaires ne présentent plus de vacuoles. Il y a peu de débris

cellulaires.

3e Ponction. — 26 juin 1905. Vingt et unième jour de la maladie.

Volume de l’épanchement : 4 litres 5oo environ (cliniquement).

Lieu de la ponction : neuvième espace intercostal (en arrière).

Quantité : 1100 cc.

Couleur : citrine.

Limpidité : parfaite.

Fibrine : coagulum lent à se former, mais appréciable au bout de vingt-quatre heures.

Cytologie. — 1° Numération.

Globules rouges : 827 par mme.

Eléments blancs : 172 par mme.

Nombre total des éléments blancs : 774 000.000

ao AIRE

Lymphocytes RE UE Ne Grands éléments Our Ho Polynucléaires . 07:

Les mononucléaires sont en majorité ; ils sont à peine plus volumi-

neux que les lymphocytes, ont un noyau moins foncé que ces der-

niers et un protoplasma plus abondant.

4° Ponction. — 3 juillet 1905 : vingt-huitième jour de la maladie.

Volume de l'épanchement : 3 litres (cliniquement). Lieu de la ponction : neuvième espace (en ar rière).

Quantité : 4o cc.

Couleur : citrine. x Limpidité : parfaite. | Fibrine : en quantité moyenne.

ACETOInOLt

Cytologqie. — 19 Numération.

Globules rouges : 420 par mme.

Eléments blancs : 390 par mme.

Nombre total des éléments blancs : 1.170.000 .000. 2° Pourcentage.

les mononucléaires sont

Lymphocytes . d

Grands éléments A ALL :

Eléments en bon état de conservation ; comme à la dernière ponction de taille moyenne, à pee plus volumineux que les lymphocytes, et s’en distinguent surtout par la colora-

tion moins intense de leur noyau.

5° Ponction. — 11 juillet 1905. 36° jour de la maladie.

Volume de l'épanchement : 2 litres (cliniquement).

Lieu de la ponction : dixième espace intercostal (en arrière).

La ponction d’abord blanche n’a ramené du liquide que difficilement, après inclinaison de l'aiguille vers le haut.

Quantité : 20 cc.

Couleur : citrine.

Limpidité : difficile À apprécier, à cause de la rapidité de la coagulation.

Fibrine : en grande abondance, le liquide se prend presqu’aussitôt après la ponction en une masse gélatineuse.

Cytologie. — 1° Numération.

N'a pu être faite à cause de la rapidité de coagulation de la sérosité évacuée.

20 Pourcentage.

Lymphocytes . . . UE Poe AURA Grands éléments SANTE RMS NE AT ET /

Les grands mononucléaires sont presque tous en plasmolyse, quelques-uns même en karyolyse, les lymphocytes sont bien conservés. 6e Ponction. — 21 juillet 1905. 46€ jour de la maladie,

Volume de l’épanchement : un litre (cliniquement).

Lieu de la ponction : dixième espace.

Quantité : dix cc.

Couleur : liquide jaune foncé après centrifugation ; avant la centrifugation teinte hémorragique par suite de la blessure du poumon ou de la déchirure d’une fausse membrane.

Limpidité : parfaite.

Fibrine : en quantité moyenne.

A : n’a pu être recherché, le liquide ayant été répandu,

Cytologie. — 1° Numération.

Globules rouges : 10.900 par mme.

Eléments blancs : 1.000 par mmc.

Nombre total des éléments blancs : 1.000 .000.000. 20 Pourcentage.

CP RE Roi ML On er DOI Grands éléments oncle DR Voir POUCES ORAN ER Pet Re 1,3.

Les mononucléaires sont presque tous détruits et représentés uniquement par leur noyau. Les lymphocytes sont bien conservés.

La présence des polynucléaires tient sans doute à l'énorme quantité de sang mélangé au moment de la ponction à la sérosité pleurale.

Inoculations. — 4 cobayes ont été inoculés dans le péritoine Île 16 juin 1905 avec le liquide pleural de ce malade.

Les cobayes n° 1 et n° 2, qui avaient reçu l'un 20, ct l’autre 30 centi-

mètres cubes, sacrifiés au bout d’un mois présentaient une tuberculose généralisée avancée ; il en était de même du cobaye n° 3 injecté avec 30 cc. de sérosité pleurale centrifugée pee 20 minutes à la turbine électrique.

Le cobaye n° 4 qui avait reçu dans le péritoine le culot de centrifugation provenant de 4o cc. de liquide pleural était également tuberculeux, mais ne présentait que quelques granulations dans la rate et les ganglions trachéo-bronchiques. Dans le pus de celles-ci la recherche du bacille de Koch était positive.

Observation II. — G..., 23 ans, ménagère entre à l’hôpital Cochin le 16 juin 1905 salle Viel, lit n° 2 dans le service de M. Widal.

Il y a 8 jours que la dyspnée et le point de côté droit dont elle souffre ont apparu ; ces phénomènes ont été précédés d’un frisson unique.

Elle présente actuellement du côté droit du thorax les signes d’un épanchement de moyenne abondance : immobilité des côtes, abolition des vibrations, matité absolue remontant jusqu'à l'angle inférieur de l'omoplate, égophonie et pectoriloquie aphone typiques ; pas de skodisme sous-claviculaire, ni d’abaissement du foie. Elle a une toux sèche, aigre.

Tous les autres organes sont sains. In ya rien dans les urines.

La température est nulle.

Aucun antécédent héréditaire ni personnel ; mais elle a perdu son mari de phtisie il y a 6 mois. Un de ses enfants est mort de méningite à l’âge de 7 mois. ù

Le 20 juin les symptômes présentés par la malade sont les mêmes qu'à son entrée. Son épanchement semble avoir diminué très légèrement ; la matité ne remonte plus en arrière que jusqu’au bord inférieur de la huitième côte. |

L’appétit est bon, la malade réclame une autre nourriture que le régime lacté auquel elle est soumise.

Le 26 juin elle quitte volontairement l’hôpital se trouvant mieux. Elle présente encore des symptômes certains d’un épanchement pleural droit. Jamais pendant son séjour à Cochin elle n’a eu de fièvre.

Recherches de laboratoire. — Cette malade a été ponctionnée deux fois.

ire Ponclion.— 17 juin 1905. Neuvième jour de la maladie.

Volume de l’épanchement : 2 litres environ (cliniquement). Lieu de Ja ponction : neuvième espace (en arrière). Quantité : on retire 70 cc. de sérosité,

Couleur : jaune clair

Limpidité : parfaite.

ET MÉNINGITE TUBERCULEUSE 25 Fibrine : coagulation assez rapide et forte, appréciable dans les tubes et au microscope sur lames.

Cytologie. — 19 Numération.

Globules rouges : 340.

Eléments blancs : 1080.

Nombre total des éléments blancs : 2.160.000.000. 2° Pourcentage.

ÉYMphaCytEs Le ST CP TAN EM OD AE Grands éléments Pare MAO RS ee 1,/f.

DST ODILTISESe RER ML Mir mel 0,2:

Tous les éléments sont bien conservés, les débris cellulaires sont

exceptionnels.

2 Ponclion. — 20 juin 1905. Douzième jour de la maladie.

Volume de l’épanchement : 1 litre 800 (cliniquement). Lieu de la ponction : neuvième espace.

Quantité : 80 cc. environ.

Couleur : jaune clair.

Limpidité : parfaite.

Fibrine : abondante : coagulation rapide dans les tubes. A,:—"0,50.

Cytologie. — 1° Numération.

Globules rouges : 14.150.

Eléments blancs : 1.400. | (L’abondance des globules rouges tient à la blessure accidentelle d’un vaisseau au moment de la ponction).

Nombre total des éléments blancs : 2.520.000.000. 2° Pourcentage.

Lymphocytes . . . ANA SE A Va Grands éléments ERA e PE 0 1,8:

Polnuelesires Re RS en) 0,2.

Aucune altération cellulaire.

Inoculations. — Quatre animaux ont reçu dans le péritoine une partie de l’épanchement de cette malade.

Le cobaye n° r injecté le 17 juin avec 30 cc. de liquide centrifugé pendant 1/2 heure à la turbine à eau, meurt par intoxication au pau de 2/4 heures.

Les cobayes n° 2 et 4 injectés l’un le 17 juin avec le culot de centrifugation de 4o cc. de sérosité, l’autre le 20 juin avec 30 cc. de liquide

nature sont sacrifiés au bout d’un mois et présentent tous les deux une tuberculose expérimentale g œénéralisée.

Le cobaye n° 3 qui a reçu le 0 juin 30 cc. de liquide Lentilles pendant 1/2 heure à la turbine à eau, sacrifié le 29 juillet ne présente qu'une adénopathie trachéo-bronchique suppurée dans le pus de laquelle on trouve du bacille de Koch. :

Observation III. — L... Madeleine, 27 ans, lingère, entre à Cochin, le 24 juin 1905, salle Beau, lit n° 20, dans le service de M. Widal.

Sa maladie a débuté Le 10 juin dernier par un frisson violent et un point de côté. Elle est restée à ce moment trois jours au lit, puis l'oppression diminuant ainsi que la douleur au niveau du côté droit elle s’est remise à travailler. Elle entre à l'hôpital, car elle se sent encore facilement dyspnéique et mal à l'aise.

Elle présente à son entrée les signes d’un épanchement peu abondant de la plèvre droite. La matité et l'abolition des vibrations, ainsi que l'absence du mercure vésiculaire n’existent que jusqu’à une ligne passant à deux ou trois travers de doigt au-dessous de l’angle inférieur de l’omoplate. Il n’y a pas d'égophonie, et la pectoriloquie aphone n’est perceptible qu'en un point très localisé, juxtavertébral. Le foie n’est pas abaissé. La percussion sous la clavicule droite est normale. Aucun bruit adventice à l’auscultation des deux poumons. Pas d’expectoration.

Tous les autres organes sont normaux. Les urines peu abondantes au-dessous de 500 grammes sont légèrement albumineuses.

, Les symptômes fonctionnels sont à peu près nuls, à part une légère dyspnée d’effort.

Il n’y a pas de fièvre.

La malade est enceinte de 4 mois. On ne relève dans ses antécédents personnels qu’une seule attaque de rhumatisme à l’âge de 21 ans.

Ses antécédents héréditaires sont chargés; sa mère est morte phti= sique et son père a succombé à une fluxion de poitrine.

Elle a un enfant qui est bien portant.

Le 26 juin on pratique une ponction évacuatrice de 750 grammes.

Le 28 juin. — La matité s’est abaissée ; sa limite supérieure est maintenant à quatre travers de doigt au dessous de l'angle inférieur de l’omoplate. On entend la respiration sur presque toute la hauteur du poumon. Trois ponctions exploratrices faites en pleine matité en des points différents, restent blanches.

Le 30 juin. — L'état général est excellent ; la température oscille toujours autour de 37°. On entend aux deux temps de la respiration, à la limite supérieure de la matité, un souffle doux et voilé,

Le 12 juillet. — Le souffle perçu la veille s’atténue, il est plus lointain.

Le 14 juillet. — Deux ponctions exploratrices faites à des hauteurs

différentes à la base droite restent blanches. D’ailleurs la matité a beaucoup diminué ; le murmure vésiculaire est plus facilement perceptible.

La malade quitte l'hôpital pour le Vésinet le 21 juillet 1905. Recherches de laboratoire. — Chez cette malade on a fait à trois reprises des ponctions ; une seule, la première, a donné issue à du liquide.

ire Ponction. — 26 juin 1905 : quinzième jour de la maladie. Volume de l'épanchement : à litre environ (Cliniquement). Lieu de la ponction : troisième espace, sur le prolongement du bord interne de l'omoplate.

Quantité : on évacue 750 cc.

Couleur : jaune.

Limpidité : parfaite.

Fibrine : léger coagulum.

À :=—0,50, Cytologie. — 19 Numération.

Globules rouges : 1.975.

Eléments blancs : 4.900.

Nombre total des éléments blancs : 4.900.000.000. 2° Pourcentage.

Tee RENE ET +

Grands éléments uninucléés. . . . . . 42,8 RON AAC ATOS EE LR ETS EE. 0 11,0 HOSnophile ET ee Peer Nr à 2,6

Eléments en général assez bien conservés.

2e Ponction. — 28 juin 1905. Trois ponctions pratiquées dans le huitième et le neuvième espace en des points différents, mais voisins restent blanches.

3e Ponction. — 14 juillet 1905. Une ponction exploratrice faite dans le dixième espace intercostal droit reste blanche.

Exämen du sang pratiqué le 27 juin 1905 dans le but de rechercher si l’éosinophilie pleurale s'accompagne d’une réaction éosinophilique du sang donne les résultats suivants :

Numération.

Globules rouges : 2.620.000 par mmc.

Globules blancs : 17.600 par mmc.

Pourcentage.

Lymphocytes nee ARE AA PEURTE 1,0 Mononucléaires AMEN EE est Polynutléaites AN SRE TRES ET RNA ÉoSinophile ER RP ANT ÉRIMES 2e 5,5 Inoculations. — Deux cobayes ont reçu le 26 juin dans le péritoine,

l’un 30 ce. de liquide centrifugé pendant 2 heures 1/4 à la turbine à eau ; l’autre le culot de centrifugation de 30 cc. de liquide.

Le premier (liquide centrifugé) meurtintoxiqué au bout de 36 heures.

Le second (culot), sacrifié au bout d’un mois, est atteint de lésions tuberculeuses avancées du foie, de la rate et du mésentère.

Observation IV. — A... Joseph, 39 ans, mécanicien, entre à Cochin le 11 juillet 1905, salle Lasègue, n° 24, dans le service de M. Widal.

Sans antécédents héréditaires ou personnels ; probablement éthylique, il a été pris brusquement il y a 15 jours d’un point de côté gauche d’abord supportable, mais dont l’intensité croissante l’obligea à prendre le lit. Il est resté couché chez lui jusqu’à son entrée à l’hôpital, n’a jamais frissonné. Il ne lui semble pas qu'il ait maigri, mais il vient, car il se sent tous les jours plus faible.

C'est un homme maigre, osseux dont la température est à 379, le pouls à 86. Il présente à gauche les signes d’un épanchement moyen de la plèvre ; diminution des vibrations, matité s’étendant jusqu’à l’angle inférieur de l’omoplate; diminution du murmure vésiculaire dans toute cette région, souffle doux, lointain, expiratoire à la partie supérieure de la zone de matité. L’égophonie et la pectoriloquie aphone sont manifestes ; l’espace de Traube est sonore, le cœur n’est nullement déplacé.

L’expectoration est légère, muco-purulente ; les poumons, le foie, les reins, le système nerveux semblent sains.

Le 12 juillet, même état local que la veille. Aucun symptôme fonctionnel, mais la fièvre s’est élevée à 38°8.

Le 17 juillet. — La température s’est abaissée progressivement en lysis : elle est revenue à 37°. L’épanchement semble en voie de diminution ; le souffle, l’égophonie et la pectoriloquie aphone ont disparu. La matité franche ne remonte plus que jusqu'à la 8 côte en arrière ; la submatité atteint l’angle inférieur de l’omoplate :

Le 0 juillet même état.

Le 26 juillet. — Après l'évacuation de 250 cc. de liquide, faite la veille, l’épanchement ne semble pas s'être reproduit.

Le malade réclame à manger depuis plusieurs jours ; son état géné ral est très satisfaisant.

Le 27 juillet il quitte volontairement l'hôpital.

Recherches de laboratoire. — L'’épanchement présenté par ce malade a été ponctionné à trois reprises différentes. ire Ponction. — 12 juillet 1905. Seizième jour de la maladie.

Volume de l'épanchement : 1 litre 500 environ (cliniquement).

Lieu de la ponction : dixième espace intercostal (en arrière).

Quantité : on retire 100 ec. environ de sérosité,

Couleur : jaune citrine.

Limpidité : parfaite.

Fibrine : en assez grande abondance. Coagulum se faisant rapidement.

Cytologqie. — 1° Numération.

Globules rouges : 240 par mme.

Eléments blancs : 840 par mme.

Nombre total des éléments blancs : 1.260.000.000 2° Pourcentage.

YMDROE TES ENS TRE RME ee Nurva/e. L- 80

Grands éléments uninucléés nf

La moitié environ des grands éléments uninucléés n’est représentée que par des noyaux arrondis pâles.

2e Ponction. — 20 juillet 1905. Vingt-quatrième jour de la maladie.

Volume de l’épanchement : 1 litre environ (cliniquement).

Lieu de la ponction : dixième espace au même point que la fois précédente.

Quantité : une seringue de Roux.

Couleur : sérosité citrine.

Fibrine : beaucoup de fibrine, caillot très rapidement formé et très épais.

Cytologie. — 1° Numération.

Globules rouges : 2.795 par mmc.

Eléments blancs : 5.550 par mme.

Nombre total des éléments blancs : 5.550.000.000.

20 Pourcentage.

root COM TORRES 89.6

Grands éléments uninucléés . . . . . 10,4

Presque tous les mononucléaires sont en plasmolyse, réduits à

leur noyau. Les lymphocytes sont tous de petite taille. 3° Ponction. — 25 juillet1905. Vingt-neuvième jour de la maladie.

Volume de l'épanchement : 7 à 800 grammes (cliniquement).

Lieu de la ponction : Dixième espace.

Quantité : on évacue tout ce que l’on peut retirer, et on n'atteint que 250 ce. (en supposant qu'il reste quelques centaines de grammes de liquide dans le cul-de-sac inférieur de la plèvre, on voit que notre évaluation clinique s’approche de la vérité).

Couleur : sérosité citrine assez fortement teintée de brun.

Fibrine : en grande abondance.

Cytologie. — 1° Numéralion.

Globules rouges : 5.850 par mmc.

Eléments blancs : 4.425 par mme.

Nombre total des éléments blancs : 4.387.500.000.

2° Pourcentage.

Lymphocytes RAA 89 Grands éléments uninucléés. . . : . . 10,5 Bolvnucléaires ESP AM NaER ER RRe 0,9

Les mononucléaires sont presque tous en plasmolyse,.les lymphocytes sont tous d’assez grande taille et comparables à des moyens mononucléaires.

Inoculations. — Le 12 juillet 1905 inoculation intra-péritonéale à deux cobayes.

Cobaye n° 1 : 30 cc. de liquide centrifugé pendant 2 heures 1/2 à la turbine à eau. Sacrifié au bout de 30 jours : pas de tuberculose.

Cobaye n° 2 : reçoit le culot de centrifugation de 50 cc. de liquide centrifugé pendant 2 heures 1/2. Au bout de 1 mois, est sacrifié et.présente une tuberculose expérimentale généralisée très avancée.

Observation V. —M..., Gabriel, 27 ans, journalier, entre à l’hôpital Cochin le 13 juillet 1905, salle Woillez, lit n° 2, dans le service de M. Widal.

Sans antécédents héréditaires ni personnels, il a été pris Le 1% juillet dernier d’un point de côté gauche accompagné de petits frissons. Ila continué néanmoins à travailler jusqu'à aujourd’hui où se sentant plus fatigué il se décide à venir consulter.

Il a de la dypsnée, sa fièvre atteint 39°. Il présente à la base gauche les signes d’un épanchement pleural de moyenne abondance. La matité remonte en arrière Jusqu'au septième espace intercostal ; il y a un peu de souffle ; l’égophonie et la pectoriloquie aphone existent mais peu nettes. La pointe du cœur bat le long du bord gauche du sternum, l’espace de Traube est sonore.

Le malade ne crache pas. Il n’a rien au cœur, ni au poumon droit. Ses urines ne contiennent ni sucre ni albumine.

Le 15 juillet même état. L’égophonie et la pectoriloquie aphone sont mieux perceptibles. La matité semble remonter un peu plus haut en arrière, les vibrations sont plus nettement abolies.

Le 17 juillet. — L'épanchement continue à augmenter. La matité remonte en arrière jusqu’au quatrième espace intercostal. L'espace de Traube est toujours sonore, et le cœur bat sous le sternum. Les signes stéthoscopiques sont toujours les mêmes.

La dyspnée est légère et la toux quinteuse ne s'accompagne pas d’expectoration.

Depuis l'entrée du malade sa température avoisine 399.

Le 19 juillet. — Bien que les limites de la matité aient peu changé le liquide semble plus abondant que jamais ; les espaces intercostaux sont bombés, et il y a un peu de voussure du thorax.

Le 21 juillet. — La matité existe sur toute la hauteur du poumon gauche en arrière ; en avant la percussion sous la clavicule dénote du skodisme : la respiration est soufflante dans la fosse sous-claviculaire. L'espace de Traube est sonore ; le cœur bat derrière le sternum. Les symptômes fonctionnels sont très accentués, la dyspnée est vive ; le facies est légèrement angoissé, constamment couvert de sueurs. La température est descendue autour de 38° depuis deux jours.

Le 24 juillet. — La dyspnée est moins marquée ; les signes physiques sont toujours les mêmes au niveau du poumon gauche.

A la base droite existe un léger épanchement qui a succédé à la congestion pulmonaire que l’auscultation révélait à ce niveau les Jours précédents.

Le 27 juillet. — Le liquide diminue d’une façon manifeste dans la plèvre gauche: à droite il existe de nombreux frottements à la base, et une ponction exploratrice restée blanche montre que le liquide s’est complètement résorbé de ce côté.

Le 7 août il n’existe plus que les signes d’un épanchement moyen à la base gauche ; la sérosité paraît se résorber lentement. La température est retombée à la normale. Les symptômes fonctionnels ont complètement disparu. Le malade se sent bien et réclame à manger.

Le 16 août. — La respiration estredevenue normale dans presque toute la hauteur du poumon gauche; elle est un peu voilée et lointaine. Il existe de la submatité dans la moitié inférieure du poumon, de la matité franche à la base. On fait une ponction évacuatrice de tout ce que l’on peut retirer de liquide.

Le 21 août. — La pleurésie est cliniquement guérie. La respiration est normale dans toute la hauteur du poumon gauche, les vibrations

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