LE ROMAN EN
Personne, plus que mon ami Z...., n'a eu Foccasion de vérifier la justesse du proverbe : Comme on fait son lit, on se couche, ou plutôt, ayant négligé de faire son lit à temps, il est resté bien volontairement sans couverture et sans abri.
Cette position a eu du moins pour lui l'avantage qu'elle lui assure une grande indépendance de pensée et la liberté de tout dire, puisqu'il n'a rien à perdre.
Il me racontait dernièrement que , dans l'oisiveté laborieuse où l'a jeté la mort d'un ami et protecteur intellectuellement puissant, il occupait et trompait l'activité d'une jeunesse, désormais inutile, à compulser, à lire, à dévorer les nouvelles productions de la littérature au jour le jour. Il en était bien résulté un peu d'obsession pour son esprit, mais aussi il reconnaissait avoir gagné, à cette variété de lectures, de s'être débarrassé d'une sorte de possession à peu près unique, où il avait vécu pendant des années, car mon ami, lierre de