LA STATUE DE VOLTAIRE
(Suit la lecture de la lettre de M. Pages du 16 janvier 1873.)
« La ooniniunication de M. le président est accueillie par des témoignages d'unanime adhésion.
f M. Rouget' dit que l'acceptation du don de M. Fages est d'autant plus opportune dans les circonstances présentes, qu'elle sera un hommage rendu à la liberté de pensée.
« Le Conseil municipal, appréciant la valeur artistique et la haute signification de la statue de Voltaire, et heureux de pouvoir, par le fait de la libéralité d'un généreux citoyen, enrichir d'une œuvre remarquable le musée de Montpellier et honorer en même temps une des plus grandes illustrations de la France, accepte avec la plus vive reconnaissance le don fait à la ville par M. le docteur Fages et accepte également les conditions posées par le donateur.
« M. Aldebert propose de nommer une commission chargée de remettre à M. Fages un extrait de la délibération du Conseil municipal et de lui exprimer toute sa gratitude.
« La proposition Aldebert est adoptée à l'unanimité.
« M. Henneguy, rappelant que M. Fages avait manifesté depuis longtemps son intention, propose de voter aussi des remerciements à M. Léon Coste, premier adjoint, remplissant les fonctions de maire, dont l'heureuse initiative vient d'assurer enfin à la ville la possession du chef-d'œuvre de Houdon.
« La proposition Henneguy est adoptée à l'unanimité.
1. L'illustre professeur de la Faculté de médecine, qui fut l'objet d'une dénonciation, vers la fin de l'empire, dans un pamphlet clérical.
<( M. Beaunie propose de nommer la commission de trois membres qui doit se rendre chez M. Fages ; sont désignés : MM. Castelnau', Henneguy^ et Pappas '.
« 11 est entendu que M. le maire fait de droit partie de cette commission et que tous les conseillers qui le désireront pourront l'accompagner. »
1. M. FAigènc Castelnau, artiste peintre, dont il a clé longuement question ci-dessus dans une do nos promenades au Salon, et frère du regretté député de l'Hérault, à la mémoire duquel est dédié co volume.
2. M. Félix Honneguy, un des hommes les plus distingués, dont s'honorait alors le Conseil municipal de Montpellier, — étranger d'ailleurs par sa naissance à la localité et au Midi, mais très-aimé dans cette patrie d'adoption à laquelle il s'était voué. Il est revenu depuis habiter Paris. Comme beaucoup d'esprits d'élite, de nos jours, M. Ilenneguy est un helléniste de premier ordre. Il a au plus haut degré le sentiment de l'Antiquité ; une de ses œuvres les plus remarquables et qui lui a valu le titre de citoyen d'Agrigentc, Pantheia, étude antique en vers, est une composition dramatique et des plus intéressantes, où respire tout un monde d'idées poétiques et philosophiques, exprimées avec une élévation de pensées et dans une donnée tout à fait grandioses. L'artiste et le poëte sont à la hauteur du sujet dans ce vaste cadre qui a pour scène principale les sommets brûlants de l'Etna. L'auteur donne à la fin, en notes, le texte grec des vers d'Enipédocle, qu'il a introduits dans son poëme panthéiste ou naturaliste. — M. Henneguy est le pèro de ce jeune savant actuellement préparateur de M. Balbiani au Collège de France.
3. M. Pappas, savant helléniste, né à Conslantinoplo et professeur à Montpellier depuis de longues années.