‹ Plus de loterie vaudeville en un acteChapitre 10 sur 28 · THÉRÈSE, MICHEL, M"" GUERIN · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, MICHEL, M"" GUERIN

MICHEL. Il entre tout joyeu c , le visage un peu coloré. T rè'-i'ivemrrf . Me voilà ! me voilà !... c’est moi , je ne suis pas mort ; au contraire... Bonjour, mère, restez donc assise. ( Il l'embrasse très-vite et la fait asseoir.) Bonjour, Thérèse... vous vous

portez bien ? tant mieux ; moi de même , ça va aux anges... le cœur , l'estomac , U tête... Enfin, bien être général.

iu"* Guérin. Est-il Dieu possible ■ Michel !... mais t'es un vrai moulin a paroles , aujourd’hui.

MICHEL. Oh! c’est que, voyez-vous, je suis délicieusement ému. Je vous apporte de bonues nouvelles... et les bonnes nouvelles, ça rend fou, ça étouffe... c’est comme du cidre , faut que ça parte.

THÉRÈSE. Mais calmez-vous un peu...

Comme vous êtes ronge !

M"'" GUÉRIN. Oui , repose-toi

Michel. Je suis rougel.. ça s’explique...

C'est l’efi'et d’un déjeuner qui me tient encore sous son prestige...

TiiÉnÈSE et m— GUÉRIN. D’un déjeuner!

Michel. Chez un restaurant grand genre.... Oui, mère, un vrai déjeuner d'ambassadeur : vin de Chablis, des huîtres énormes , boudin , artichauts frits ; et pour dessert une omelette souillée , liante de ça!„. après quoi , le café, les petits verres et la bière... Bombance complète, quoi! genre oriental. ..quinze francs soixante-quinze... sans compter le garçon., et allez donc... vive la luxure !

M'"* guérin. Comment, mon garçon, tant d’argent !

MicntL. Vous trouvez ça estravagant, pas vrai?... Moi qu'a l'habitude de me contenter d’un morceau de petit salé....

Mais votre étonnement va se dissiper , quand vous saurez tout... Vous allez voir que je n'ai pas fait toutes ces dépenses pour ressembleraux millectunenuits... Point! .

Voilà l'histoire qui n’est pas fabuleuse.

*“• Guérin. Nous t'écoutons.

Thérèse. Oui, et avec impatience.

michf.l. Or, ce matin, sur les huit heures , j’entre un moment au café , à l’estaminet... pensant y rencontrer un camarade sans place à qui j’ai trouvé de l’ouvrage. .. Je m’occupais , en l’attendant, à boire un petit verre et à regarder jouer une poule , lorsqu’un bourgeois... bon geure...

habit vert, chapeau gris, canne plombée et gilet ponceau... s'approche de ma table.

« Vous ne lisez pas ce journal , qu'y me dit ? — Non , monsieur , que je réponds...

je respecte la politique , mais je ne m’en sers pas. » Là-dessus il sourit... et je ne sais pas ce qu'il ajoute , je ne sais pas ce que je réplique... mais ce que je sais, c’est que nous vlà à causer comme une paire d'amis , comme deux compagnons du devoir... Je me sentais tout à mon aise, et , sans plus de façon , tnoi , je hii parla

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