SCÈNE IX
MICHÇL, THÉRÈSE.
Michel. Pauvre lionne mère! .. se donnet-elle un niai pour me cacher qu’elle met
à la loterie. .
Thérèse. Ah! datn , elle a bien un peu raison ; car c'est un jeu auquel on ne gagne pas souvent.
Michel. Auquel on 11 e gagne jamais.
Thérèse. Si 1 on avait aujourd’hui tout
aigent qu elle y a dépensé... on n'aurait pas besoin de recourir à des étrangers pour acheter un métier.
Michel. C’est encore vrai.
tuèrèse. Moi qui fais ses mises et qui en tiens note, je sais jusqu’où montent ses pertes depuis trois ans... Près de 2000 fr.
mon pauvre Michel !
Michel. 2000 francs!... Cré coquin!...
c'est bisquant !
Thérèse. Dites donc, Michel!
MICHEL. Hein?
Thérèse, hésitant. Nous aurions dû...
peut-être lui laisser croire...
Michel. La tromper!... tromper ma mere... oh! jamais... La pauvre femme, elle a si peu de plaisir, de distractions. .. laissons-lui du moins le boulieur d'espérer... et puis, le médecin ne nous a-t-il pas recommandé de ne la contrarier en rien... ne nous a-t-il pas dit qu’une forte émotion, dans l’état de faiblesse où elle sc trouve, pouvait amener une rechute!,, oh ! Dieu ! rien que d’y penser. ..
Thérèse. Allons, je vais chercher son billet.
Michel. Oh ! ça n'est pas si préssé....
reste encore un peu, Thérèse... d'ailleurs, j’ai à te parler.
Thérèse. A moi, Michel?... qu’est-ce que c’est donc!
Michel. Tiens , anjouid’hui , j’ai des idées de bonheur !... ma mère qui va mieux... ce métier que j’attends... tout ça me rend joyeux , me trotte dans la tète et dans le cœur... Et si tout marche comme je 1 espère , il ne dépendra plus que de toi, ma petite Thérèse, de me reudre toutà-fait heureux...
THERESE, vivement. Alors, vous le serez Michel.
Michel, Vrai?.. Tu m’aimes donc toujours ?
Thérèse. Toujours.
Michel. Et , puisque ma mère le veut