MICHEL. HECTOR
t HECTOR, entrant avec mystère, à Michel.
L’aveugle n’est pas là?
MicnEL. Monsieur?,.
DECTOlt. Je dis : l’aveugle n’est pas là ?
MicnEL. Hein?... Qu est-ce que ça veut dire?.. Qu’est-ce qu’il vous faut, monsieur ?..
hectob. Est-ce que la petite Thérèse est sortie ?
Michel. La petite Thérèse !.. Qu’esl-ce que vous lui vouler?
nECTOR. C’est une réponse que je viens chercher.
Michel , dorment. Une réponse... à une lettre?
Hector. Oui , à line épitre.
MICHEL. Sur papier veniu satiné... et parfumé ?
' Hector. Oui , sur du Weyncn au réséda.
MICHEL. Ah! ah!.. Eli lien mais, donnez-vous donc la peine d’entrer... Entrez donc , monsieur.... j’ai voire affaire.
(Il v* fermer le porte , en «le la chr et 1a mel dan. sa poche )
nECTOR. La petite l’aura chargé dente
donner sa réponse.
Michel, fortement. Ah ça, maintenant...
A nous deux , monsieur les gants jaunes ?
Hector. Hein?.. Qu'est-ce que c’est?
Michel, allant prendre la lettré dans le tablier. C’est ça votr’ poulet, n’est-ce pas ?
Hector. Oui, c’est mon épitre.
Michel, décachetant la lettre. Attendez un peu.
Hector. Qu’est-ce qu’il fait?.. Eh quoi, jeune homme , vous brisez mon cachet ?
Michel. Je vous briserai bien autre chose... C’est là votre signature ?.,
(Il loi montre la lettre.)
HECTOR, coulant prendre ta lettre. Oui, monsieur, c’est ma griffe, mais ce n’est pas une raison...
MICHEL , lisant. Ali ! vous l’adorez !
Hector. Monsieur.
Michel. A h ! vous vous mourez d’amour.
HECTOR, sur un outre ton. Monsieur.
MicnEL. Ali ! vous lui proposez un dîner en téle-à-téle !
Hector. Monsieur ! monsieur!... En dernière analyse , où Voulez-vous en venir?
MicnEL. Où je veux en venir?... (Il Ale sa veste.) Voilà !
Hector. Hein ! Pourquoi se déshabillet-il donc ?
Michel. C’est comme ça... Eh bien! monsieur Achille, Hector. Alexandre... ça m’est égal !.. Habit bas, en avant, et partons du pied gauche.... ( Hector ne bouge pas.) Vous préférez garder votre liahit?..
Comme vous voudrez... Mais je vous préviens qu’il vous restera peu de boutons. ..
et que vous courez le risque de vous en aller avec une veste.
Hector .Mais, monsieur, à la fin, qu’estce que tout cela signifie?
Michel. Ca signifie que j’aime Thérèse et que je ne souffrirai pas qu’un paltoquet vienne me la souffler.
HECTOR. Paltoquet me paraît fort...
Michel. Allons... allons... il ne s’agit pas ici de fignoler et de faire le beau....
Allons, en avant, monsieur comme il faut!
HECTOR. Monsieur, je vous comprends, mais je ne me mesurerai pas avec vous.
Michel. Il faut pourtant se bouger un
S eu plus que la cathédrale de Strasbourg.. . n garde ! ou je commence.
Hector. Monsieur, puisque vous y tenez absolument, je veux bien me battre avec vous.. . Mais je n’ai pas l'habitude de me rouler dans le ruisseau comme un pas
grand’ chose... C’est autrement que je me bats.
miciiel. Autrement?... ça m'est égal...
Comment ça?., vite...
HECTOR. Mais... au pistolet... ou à l’épée...
MICHEL. Ah ! ah!... oui, bon genre. Je ne me suis jamais battu comme ça , mais, n’importe... va pour le pistolet... Quand?
HECTOR. Aujourd’hui, si vous voulez...
MICHEL. C'est ça , aujourd’hui.
■ector. Dans deux heures je viendrai vous prendre.
MICHEL. C’est dit... Avec des armes.
■ECTOR. Avec des armer.
MICHEL
Air du fVrre.
Ainsi donc, c’est bien convenu,
Dans deux heures vous venox me prendre.
HECTOR
Dans deux heures, c’est entendu.
Je ne me ferai pas attendre.
MICHEL
Très-bien et dans ce combat-là ,
Si l’un d’ nous ne tomb’ pas à terre ,
Mon cher, je vous préviens qu’après ça Nous nous battrons à ma manière, {bis.)
{il va remettre la clef à la jtor/e.)
M mf GUÉRIN , appelant de la coulisse. Michel?.. Michel?..
MICHEL , à part. Ma mère ! .
Hector. C’est la voix de l’aveugle.