SCENE XIX
Les Mêmes, ROUSSILLON.
ROUSSILLON, avec les plus grandes démonstrations de désespoir. C’en est fait, plus d’espoir!., la loterie est abolie!,, je viens de voir son enterrement !
M“* guérin. Eh! qu’est-ce que ça me fait, à présent?... J’ai gagné, monsieur Roussillon.
Michel. Nous avons gagné, pire Roussillon.
ROUSSILLON. Comment ! gagné?., mais vos numéros... ( Michel lui marche sur le pied et lui donne des coups de poing.) Aie !
oh! la! la!...
MICHEL, bas. Taisez-vous ou je vous abîme.
M“’ guérin. Eh bien ! quoi ? mes numéros...
ROUSSILLON , à qui on a fait des signes.
Etaient excellens..,. (A part.) Je n’y comprends rien du tout.
M“* GUÉRIN. Vous voyez bien, mes enfans, qu'on finit toujours par gagner...
Et il y a des gens qui criaient contre la loterie! ... Voilà bien l’injustice du monde... Mon fils, mon cher Michel, tu auras demain ton métier.
Michel. Et après demain, ma femme...
satisfaction complète... délire unanime et universel!... il ine semble que j’engraisse à vue d’œil... Père Rousillon, j'éprouve aussi le besoin de vous embrasser, je veux embrasser tout le monde. ( Apercevant Hector.) Encore celui-là!... Ah! mon Dieu! j’avais oublié...
HECTOR, s’avançant avec gravité. Monsieur Michel , les choses ne peuvent se terminer ainsi entre nous... Il y a eu offense, il faut qu'il y ait réparation.
MICHEL. Chut? plus bas...
Hector, très-fortement. Non, monsieur,
Î e parlerai à haute et intelligible voix...
le vous ai insulté, je vous dois des excuses et je vous les fais publiquement.
MicnsL. C’est bien, jeune homme, c’est très-bien... vous êtes un brave... Je vous ait dit des injures, je vous ai maltraité, je ne vous en veux plus.
HECTOR , lui donnant la main . Fort bien, fort bien, fort bien!... A propos, monsieur Roussillon, voici le prix de votre terre...
vos 6,000 francs.
ROUSSILLON , les prenant avec tristesse.
6,000 francs! que voulez- vous que j’en fasse?., il n'y a plus de loterie.
MtcnEL. Pauvre homme! vous v’ià bien malheureux.... vous v’ià forcé de conserver votre argent, d’avoir encore un peu de pain pour vos vieux jours... c’est abominable!.. Au surplus vous pouvez vous rabattre sur les châteaux allemands... en of et en ki... Chamidof.;. Skamolenski...
et caetera, zenski.
ROUSSILLON , à part. Tous les pays heureusement n’y ont pas renoncé... Je porterai mon grand calcul dans la belle Italie!
LE MACASIIf THEATRAL.
MICHEL, au pullic.
Air : Dieu ! la charmante petite femme !
Plus d’jeux d'hasaid, dr fortune,
C’est drridê par la tribune.
Ma pic" ce chaugrimnl nouveau «
J'vcui vous donner un numéro ;
Car , si de la lot’riu Tous le» bureaux sorti supprimes ,
Les nôtres , je le certifie ,
Pour vous jamais ne s’ronl fermes.
( Parlant. ) Ce numéro que je veux vous donner, c’est le nôtre : quand sur l'affiche vous verrez trois pièces, risquez le terne...' s’il y en a quatre... c'est le quateme... il
y a plus de chance... Après tout, qu’est-ce qu’on risque? de s’amuser... je sais bien que quelquefois .. mais il ne s’agit pas de ça, aujourd’hui...
Suite de l'air.
Vers nous mettez-vous eu campagne
Hardiment !
Kn entrant , votr* billet vous attend.
Mous tâcherons qu’tout l'inonde y gagne.
Oui , \raimcnl ; ht nu’en sortant ,
Pcrsonii ne rcgrcU* son argent.