‹ Plus de loterie vaudeville en un acteChapitre 3 sur 28 · PLUS DI LOTERIE · texte numérisé non relu

PLUS DI LOTERIE

THÉRÈSE. Mais, à midi... sans doute.

HECTOR. J’y serai toute la journée,

( A.tc sentiment. ) J’y serai loule La journée, 6 Thérèse ! ( A pnrt. ) Ali ! combien celte vieille est honorable avec sa cécité !

THÉRÈSE, lui faisant signe il? sortir. Maintenant , monsieur, par prudence...

HECTOR. Fort bien!.. Au revoir, aimable Thérèse , ati revoir. ( En s'éloignant il heurt, Au pied une chaise i/n il rrnrrrse. ) Aie! aie .'aie !

THÉRÈSE , à pari. O mon Dieu !

M"" GUÉRIN. Qu’esl-ce que c’est?., qui est la?... Thérèse, tu n’es pas seule?

THÉRÈSE, note emlturras. Non, matante.

HECTOR. L’aveugle n’est point sourde , à ce qu’il parait.

Guérin. Eh bien ! qu’cst-ce donc ?..

répondez ?

HECTOR, baiix Thérèse. Soyez tranquille.

( Haut .)\' lu don , pardon respectable dame. .. vous voyez devant vous... c’est-à-dire non, vous ne pouvez pas... Je veux dire, vous avez devant vous Hector Beausire, premier commis de M. Dervaux, homme d'affaires à la Croix- Rousse... je venais pour M.

Roussillon... lorsque mon mollet a heurté ce siège , et tn’a fait pousser le cri que vous venez d'entendre... je me suis violemment froissé... ici, tenez... à cette place. .. ( Il lui montre sa jambe , puis s'aperçoit de son erreur. ) Que je suis béte .

moi qui oublie...

M" ,c GUÉRIN. Mais , monsieur , ce n’est pas ici que demeure M. Roussillon, .. c’est au-dessus.

Hector Fort bien... mais je ne l’ai pas trouvé chez lui , et ou m’a dit qu'il était chez vous. {A paît. ) Ruse amoureuse.

jr *üUÈniv Non, monsieur, il n’y est pas... Thérèse , sais-tu où est tou parrain?

THÉRÈSE. Non , ma tante , mais d ue doit pas tarder à venir vous rendre sa visite du matin.

■ ”• guérin. En effet , c’est son heure...

si vous voulez l’attendre , monsieur...

Hector. Parfaitement bien. ( A part. ) Elle est fort gracieuse, malgré sa... ( II s'assied. ) Comme ça se trouve ! c'est délicieux !

M mr GUÉlUN , à Hector qui est a sis. Asseyez-vous , monsieur.

ni ; cto r , riant. Merci bien , uc faites pas attention, (yi part.) C’est fort plaisant.

M m« guérie. C’est votre patron , sans doute, qui a été chargé de vendre les propriétés de M. Roussillon.

HECTOR. Oui, madame... et je puis dire qu'il nous a donné de la besogne... voilà •ix ans que nous vendons ses terres une à

une, et cela pour satisfaire sa folle passion pour la loterie... Il peut dire qu elle lui coûte cher cette passion-là

tiiérèse. Hélas ! oui... moi qui ai été élevée chez lui par défunte ma marraine, j’ai vu toute sa fortune s'eu aller petit à petit.

Hector. Car il était fort à l'aise , M.

Roussillon ; il était comblé de revenus; On ne dirait pas ça à le voir aujourd’hui aussi maigre et aussi râpé !

THÉRÈSE , aoec intérêt . Mais il lui restait encore une petite terre en Provence ?

iif.ctor. Nous venons de la vendre , et c'est ce qui m'amène chez lui , mademoiselle.

Thérèse , à part. Pauvre parrain !

HECTOR. Il a , dit-il , un grand calcul, coup-maitre qu'il médite, depuis dix ans, et qui doit ruiner la loterie, dit-il... Aussi en a-t-il fait de ces chiffres !... Il est toujours à calculer. À l’étude, où nous sommes très-farceurs, nous baptisons tous nos cliens... lui, nous l’avons surnommé l'homme-loterie.

M me GUÉRIN. Oui... eh bien ! laissez-le faire ; il en viendra à ses fins , allez. Tôt ou tard , j’en suis certaine , il gagnera de quoi couvrir ses perles.

HECTOR. Oh! pour cela , vous me permettrez de 11 e pas partager votre manière de voir : je ne connais rien de plus absurde que la loterie.

THÉRÈSE , bas à Hector . Je vous en prie , taisez-vous.

Hector. C’est un jeu de portières.

THÉRÈSE, de même. Mais taisez-vous donc! {Haut.) Ah! voici M. Roussillon.

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