É- FRS
argileuse toute détrempée et il fallait tirer de toutes mes forces pour m'en dégager. J’aurais bien pu passer avec des raquettes, mais j'avais laissé les miennes sur le banc de neige à plus d’un mille de l’autre côté de la tente, et j'étais trop paresseux pour aller les chercher.
Je rassemblai bon nombre de fragments de roche pour assujettir les cordes de la tente; après quoi je fs un somme pour me rattraper un peu de la nuit précédente.
Les hommes revinrent à deux heures du matin. Au lieu des trois rennes aperçus du sommet du cap, ils en avaient trouvé six et un faon, une fois qu’ils furent tout près. Ils réussirent à les abattre tous. Nous fîmes bombance, chiens compris; on renforça encore les pierres qui retenaient les cordes de la tente et mes hommes ne tardèrent pas à ronfiler.
Pendant ce temps, un vent frais s'était levé, les nuages commençaient à se rassembler. Tout faisait présager que cette période de beau temps touchait à sa fin. Non pas que j'eusse lieu de me plaindre; elle avait assez duré pour me permettre de voir et de me procurer tout ce que je désirais.
Quand je me réveillai, vers minuit, il était si évident qu’il allait bientôt neiger ou pleuvoir, que je fis couvrir les peaux de rennes avec des toiles imperméables, nourrir les chiens à satiété et raccommoder quelques trous dans la toile de la tente. À peine avions-nous pris ces diverses dispositions que la pluie se mit à tomber,