‹ Plus près du pôleChapitre 152 sur 232 · TERRAIN VARIABLE · texte numérisé non relu

TERRAIN VARIABLE

Milles à deux heures du matin. Toute la surface de la baie, que nous avions traversée le 1°, était à présent une nappe ininterrompue d’eau libre.

« Pendant les deux ou trois premiers milles, la glace du détroit était très passable. Après cela, ce ne fut qu'en suivant la neige profonde qui bordait une digue de pression, qu’il nous fut possible d'avancer. Jamais nous n'en serions venus à bout sans nos raquettes et notre traîneau à patins larges. De chaque côté de nous ce n’était qu’une série interminable de lacs d’eau libre et de profondes fondrières remplies d’une bouillie de petits glaçons et de neige fondue. Risquer un seul pas sans raquettes, c'eût été s’exposer à enfoncer jusqu’à mi-cuisse, peut-être jusqu’à la hanche.

« Heureusement les chiens se ressentent du repos et de la nourriture plus abondante dont ils ont joui à la Terre de Jesup; de sorte que la traversée ne nous prend, pour ainsi dire, pas plus longtemps qu’à l'aller.

«À midi, nous arrivons au bord de l’icefoot, où coule à présent une large rivière qu’il nous faut passer à gué pour gagner l'emplacement de notre camp. Il est grand temps d’en faire la traversée; dans un ou deux Jours tout au plus, le détroit sera infranchissable Selon les conditions atmosphériques, cet état de choses durera deux ou trois semaines, jusqu’à ce que toute la neige soit fondue, et que les eaux se soient écoulées de la surface de la banquise.

« De ce côté-ci du détroit des changements considérables se sont produits. Il y a quelques Jours nous

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