MARCHE ÉPUISANTE
tenu fut trempé, et l’autre en établissant un pont avec quelques matériaux que nous eûmes le bonheur de rencontrer.
Mes habits commencent à pourrir littéralement sur mon dos à force d’être constamment mouillés. Je suis plus ou moins habitué à la désagréable sensation de l’humidité, mais non pas à l’odeur nauséabonde qui, depuis quelques jours, se dégage de ma personne, surtout sous la tente lorsque je suis couché.
Encore deux jours de ce temps abominable, puis une nuit à peu près convenable, et après une longue marche forcée qui nous tua un chien, en épuisa un autre et nous laissa nous-mêmes à peu près à bout de forces, nous arrivâmes au promontoire peu élevé qui forme le cap Aldrich et nous pûmes enfin planter notre tente sur du gravier sec. C’était la première fois, depuis douze jours, que nous la plantions sur autre chose que sur des glaçons fondus et de l’eau.
Une fois installé sous la tente, je regardai la glace et je m'aperçus que, si pénible qu’elle eût été à suivre, la route par laquelle nous étions venus était la seule possible. Depuis le point où nous avions atterri jusque bien au delà du promontoire, s’étendait un lac large et profond.
L'étape du 16 ne fut pas seulement désagréable, mais très insuffisante. Lorsque le brouillard se leva un peu vers la fin de notre marche, nous vîmes qu’au lieu de nous trouver à la hauteur du cap Albert-Édouard, comme je m'y attendais, nous nous trouvions à peine
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44! par le travers de l’extrémité occidentale de l’île Ward | Hunt.
| | Dans ce camp, la température s’abaissa bien au- | 4 dessous de zéro et nous nous en ressentîmes désagréa- 111 blement. Dès le début de l’étape du lendemain, nous eûmes l’occasion de nous apercevoir des effets de ce changement. La neige et les étangs plus petits supportaient parfaitement le poids des chiens et des traî- 1 | | neaux, et même le mien, grâce à mes raquettes; les rivières avaient diminué de volume, et quant au brouillard, privé, par cet obstacle à l’évaporation, des renforts qu’il recevait constamment, il parut jusqu’à un certain AH point diminuer d’intensité. De plus, un nombre considé- | rable de lacs, ayant trouvé un déversoir, n’étaient plus que l’ombre d'eux-mêmes. Les choses s’arrangeaient un peu, ce qui n'empêche que nous dûmes encore dresser notre tente dans de la neige fondue, un peu à l’ouest du camp Nares. C’est ici qu’on tua le vieux chien noir de Sipsu.
| Nous vinmes à bout de deux grandes rivières pendant cette étape : la première en faisant un certain trajet pour contourner l’endroit où elle se jetait dans une crevasse, l’autre en profitant d’une voûte formée par la neige.
Lorsqu'on se mit en route pour l’étape suivante, FL le soleil commençait à percer le brouillard. Nous at étions à la hauteur du milieu de la baie Markham, Er lorsqu'il triompha sur toute la ligne. À partir de ce
moment jusque dans l’après-midi, 1l darda sur nous
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