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CONTACT AVEC LES ESQUIMAUX

mouiller, devant le premier campement, je hèle mes hommes et leur fais la même recommandation ; nous gagnons ensuite l’île du Météorite, où l’on nous dit qu’il y a encore quatre familles dans la baie, mais plus à l’est. Le temps dont je puis disposer ne me permet pas d'aller les relancer. Dans l’île même je trouve trois de mes amis d’antan. Il ne leur faut qu’une heure ou deux pour venir à bord avec tout leur petit bagage. Nous repartons, laissant l’emplacement désert nous revenons sur nos pas, nous retrouvons le village où la même opération se répète. Six familles ne mettent que trois heures pour transporter à bord tout ce qu’elles possèdent au monde.

Mardi 8 août. — Ce n’est qu'après le premier déjeuner que nous pûmes quitter le dernier campement. J’allai faire un somme sur ma couchette pendant que nous traversions la baie du cap York; j'étais éreinté, ayant été sur pied toute la nuit.

Au cap York également les Esquimaux eurent tôt fait d’abattre leurs tentes et de venir à bord avec leur équipement.

À deux heures nous doublions le cap et nous prenions la direction du nord, pour aller retrouver l’Erik: dans la baie de l'Étoile du Nord.

Mercredi 9 août. — Nous rencontrons l’Erik à l’endroit convenu. Je passe sur la baleinière avec Marvin et

1. L'Erik, baleinière à vapeur, avait été frétée par le Club arctique Peary. Elle devait renouveler la provision de charbon du Roosevelt et en laisser dans la baie un dépôt en vue du retour de notre navire.

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« Matt >», mon domestique nègre, pour faire une tournée dans les campements esquimaux du nord et chasser le morse; pendant ce temps le Roosevell ira directement à Itah pour y passer l'inspection de ses nachines et faire ses derniers préparatifs en vue de la campagne au milieu des glaces.

Après la chasse, nous revinmes dans la baie de l'Étoile du Nord et y recueillimes les indigènes dont j'avais besoin, ainsi que trente chiens de plus pour nos attelages. Avant minuit nous filions vers la baie de la Baleine.

Le lendemain matin, on doubla le merveilleux cap Parry et l’on pénétra dans le détroit, dont nous longeâmesle rivage méridional jusqu’à Ittibloo. Je m'attendais à y trouver encore quelques-uns de mes Esquimaux, en quoi je fus déçu. Mettant le cap sur le nord, l'Erik traversa le détroit pour gagner Karnah, où j'étais convaincu que je trouverais du monde. Il y avait bien, en effet, six tentes dressées sur le bord d’un torrent écumeux. Malheureusement les hommes étaient tous absents. Ils chassaient le morse au Cap Cleveland dans un des canots baleiniers que je leur avais laissés trois ans plus tôt.

Nous continuâmes notre chemin vers la baie d’Inglefield à l’est. C’est là que trois ans avant j'avais laissé mes fidèles Esquimaux. J'y trouvai six tentes occupées, à l’exception d’une seule, par des hommes jeunes et vigoureux. Le nombre de chiens et l’abondante provision de peaux que possédaient ces indi-

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