ETUDE DE BRONZE
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MES AMIS LES ESOUIMAUX
et que leurs parents ont pour eux la plus vive affection.
Il semble qu’il n’y ait aucune cérémonie religieuse pour le mariage; 1l n’y en a certainement aucune lors d’une naissance. Les fiançailles sont souvent conclues par les parents alors que leurs enfants sont encore tout Jeunes.
Comme la jeune fille est en état de se marier beaucoup plus tôt que le garçon, il arrive parfois qu’un veuf se l’approprie avant que son fiancé soit d’âge à l’épouser. Cet état de choses peut subsister définitivement, ou bien le fiancé peut la réclamer lorsqu'il est assez âgé; c'est une question qui se règle à l'amiable.
On voit souvent de jeunes mariés changer plusieurs fois de femme ou de mari pendant les deux premières années, jusqu’à ce que chaque couple soit parfaitement assorti; après quoi l’union est à peu près permanente, sauf pendant des périodes temporaires où un échange de femmes pourra s’effectuer entre deux maris ou bien la femme être prêtée à un ami.
La maternité et les troubles inhérents à leur sexe ne gênent guère plus les femmes que si elles étaient des animaux.
Les hommes meurent surtout de mort violente. Un kayak (canot) vient à capoter et celui qui le monte est précipité dans l’eau glacée. Un chasseur harponne sur la glace un morse ou un phoque à barbe, il a une jambe ou un bras pris dans la corde et l’énorme animal l’entraîne au fond de la mer. Un 1ceberg se renverse
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sur lui au moment où il passe à côté; un rocher ou une avalanche l’écrase en tombant du haut des falaises. Un ours le blesse mortellement d’un coup de patte. Et ainsi de suite. Il est arrivé quelquefois, dans le passé, qu’un village entier ait été décimé par la faim.
A la mort d’un homme ou d’une femme, le cadavre, complètement vêtu, est étendu sur le dos, sur une ou deux peaux ; quelques vêtements de rechange sont posés sur lui, et par-dessus le tout on dispose une nouvelle peau. Pour protéger le corps contre les chiens, les renards et les corbeaux, on le recouvre d’un petit édifice de pierres sèches; à côté du tombeau on place une lampe avec un peu de graisse de baleine ou de morse. S'il s’agit d’un homme, on ajoute son traîneau et son kayak, et l’on étrangle ses chiens favoris, attelés au traîneau, pour l’accompagner dans l’autre monde. Si c’est une femme qui est morte, on place à côté du tombeau ses ustensiles de cuisine et le cadre sur lequel elle avait coutume de faire sécher les bottes et les gants fourrés de la famille. Lorsqu'elle a possédé un chien, on l’étrangle pour lui tenir compagnie, et si elle a eu un enfant en bas âge, lui aussi doit périr avec elle.
Si la mort a eu lieu dans une tente, on en enlève les montants pour permettre à la toile de s’aplatir sur le sol, où elle reste jusqu’à ce qu’elle pourrisse ou que le vent l'emporte. Jamais plus on n’en fait usage. Si la mort a eu lieu dans un :g/00, on le quitte et on ne s’en sert plus de longtemps.
MES AMIS LES ESQOUIMAUX
Les parents du défunt sont tenus, pendant un certain temps, d'observer plusieurs formalités en ce qui concerne les vêtements et la nourriture. Jamais on ne prononce le nom de la personne décédée; s’il existe d’autres membres de la tribu portant le même nom, ils doivent en prendre momentanément un autre, jusqu’à la naissance d’un enfant à qui l’on puisse donner le même nom. Alors l’interdit est levé.
Ils n’ont pas, à proprement parler, de religion; tout au plus un fatras de superstitions diverses et une vague croyance aux bons et aux mauvais esprits. Il convient d'ajouter qu’il est extrêmement malaisé d’obtenir des renseignements sûrs à ce sujet. On ne sera probablement fixé définitivement que lorsqu’un esprit chercheur aura passé cinq ou six années de sa vie au milieu d’eux, à faire comme ils font eux-mêmes, en un mot à devenir l’un d’entre eux.
Ils ont peu d’amusements. En été, les Jeunes gens de la tribu s’exercent à la lutte, à soulever des poids et à une espèce de boxe primitive. En hiver, les seuls amusements sont les plaisirs intimes et les chants et improvisations des angakoks ou sorciers de la tribu. Tous les assistants reprennent en chœur les refrains.
Dans ces concerts qui durent parfois jusqu’au matin, une espèce de tambourin sert à accompagner les « chanteurs ». Î] se compose d’une membrane empruntée au gosier d’un morse et tendue sur les cornes d’un renne. La danse n’est en honneur que parmi les habitants du midi du Groenland. Les danseurs, dont les mouvements
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