‹ PoésiesChapitre 11 sur 57 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

Cet espoir de laisser un noble souvenir ,

Me fait sacrifier , chaque jour de ma vie ,

Sur les autels de l'avenir.

C'est toi qui fus pour moi cet auge de lumière , Qui se laisse tomber du haut du firmament ,

Et qui , sur le palais , comme sur la chaumière ,

Se repose indifféremment.

Tu t’abattis vers moi : des sphères immortelles Tu me vantas l’éclat , les chœurs mystérieux ,

Et soudain , comme toi , je secouai mes ailes ,

Et nous partîmes pour les cieux !

Quelle extase inconnue a subjugué mon être ! Quel jour éblouissant mes yeux ont vu paraître !

Et quel concert ai-je entendu !

Dans ces ravissemens mon ame s'évapore :

Et je voulais franchir quelques mondes encore... Sans toi je m’y serais perdu 1

RÉPONSE A M. DE LAMARTINE

Mais tu m’as dit : « Voila 1 inflexible barrière.

« Tu vas voir s'éclipser nos songes de lumière ,

« Descendons : les ordres divins « Veulent que ce bonheur , ces clartés sans mélange , « Passent rapidement, pour que l’homme, de l’ange « N'envahisse pas les destins.

« Attendons que le temps ait achevé sa course ; i Que la mort a l'esprit abandonne la source « De cette pure volupté;

« Que des jours éternels l'astre éternel se lève ,

« Alors , la terre alors ne sera que le rêve ,

« Et le ciel la réalité. »

Et quand tu me rendis aux terrestres domaines,

Je sentis s'allumer une fièvre en mes veines ,

Dont rien n’a pu calmer 1 ardeur;

Si ce n'est une lyre entre mes mains vibrante ,

Et faisant apparaître une image enivrante De tout ce qu’éprouva mon cœur.

4e EDITION.

3* RÉPONSE A M. DE LAMARTINE

Rayons dont s’inonda mon avide paupière ,

Et comment, replongé dans cette ombre grossière Comment ne pas vous exalter ?

Ineffables accords des célestes génies ,

Comment , en retrouvant d’humaines harmonies , Comment ne pas vous répéter ?

r^tniK et r<ʻfant,

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