‹ PoésiesChapitre 25 sur 57 · A H. S1GAL0IV · texte numérisé non relu

A H. S1GAL0IV

Si son aigle n'a plus la terrible prunelle ;

Dont l'éclat foudroyant ? l’homicide étincelle ,

Aux peuples effrayés faisait baisser les yeux :

A tous ceux dont le cœur est vide d’espérance ,

Elle offre pour abri ses deux ailes immenses , Comme son panthéon s'ouvrait a tous les dieux.

Toute grandeur déchue habite ses ruines :

Le siège de celui qu’on couronna d épines Doit être en harmonie au front déeouronné;

Rien n’y saurait blesser une altière disgrâce :

La tombe des héros est la plus noble place Où peut venir s'asseoir un grand infortuné.

Quand la raison humaine erre en sa route sombre ^ Aveugle qui tâtonne et cherche en vain dans l'ombre Du bout de son bâton le mur qui la conduit ;

Quand ténèbres et vide habitent seuls l’espace ; Quand le doute épuisé tombe et reste à la place Où l’avaient amené le hasard et la nuit ;

A M. SJGALON.

Oh ! Rorae encor n’a point fini ses destinées : hile repeuplera ses nefs abandonnées,

Et les esprits verront son fanal rebriller ; ils se retrouveront 'a sa lueur amie ;

Et pour se reposer de leur'longue insomnie , lis redemanderont son divin oreiller.

Salut en abordant a se sacré rivage !

A cette autre patrie il te faut rendre hommage , Sigalon ! Le Nîmois est a demi romain :

Sa ville fut aussi la ville aux sept collines ;

Un beau soleil y luit sur de grandes ruines ,

Et l’un de ses enfans se nommait Antonin.

Ah ! loin d’humilier la veuve en sa cellule ,

De l'ignoble dédain du sourire incrédule ,

Des lèvres de Ferney plagiat odieux ,

Qu’un saint enthousiasme en ses murs t’accompagne ; Souviens-toi que la foi transporte la montagne ; l’on pinceau sera grand , si ton cœur est pieux.

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