A H. S1GAL0IV
Si son aigle n'a plus la terrible prunelle ;
Dont l'éclat foudroyant ? l’homicide étincelle ,
Aux peuples effrayés faisait baisser les yeux :
A tous ceux dont le cœur est vide d’espérance ,
Elle offre pour abri ses deux ailes immenses , Comme son panthéon s'ouvrait a tous les dieux.
Toute grandeur déchue habite ses ruines :
Le siège de celui qu’on couronna d épines Doit être en harmonie au front déeouronné;
Rien n’y saurait blesser une altière disgrâce :
La tombe des héros est la plus noble place Où peut venir s'asseoir un grand infortuné.
Quand la raison humaine erre en sa route sombre ^ Aveugle qui tâtonne et cherche en vain dans l'ombre Du bout de son bâton le mur qui la conduit ;
Quand ténèbres et vide habitent seuls l’espace ; Quand le doute épuisé tombe et reste à la place Où l’avaient amené le hasard et la nuit ;
A M. SJGALON.
Oh ! Rorae encor n’a point fini ses destinées : hile repeuplera ses nefs abandonnées,
Et les esprits verront son fanal rebriller ; ils se retrouveront 'a sa lueur amie ;
Et pour se reposer de leur'longue insomnie , lis redemanderont son divin oreiller.
Salut en abordant a se sacré rivage !
A cette autre patrie il te faut rendre hommage , Sigalon ! Le Nîmois est a demi romain :
Sa ville fut aussi la ville aux sept collines ;
Un beau soleil y luit sur de grandes ruines ,
Et l’un de ses enfans se nommait Antonin.
Ah ! loin d’humilier la veuve en sa cellule ,
De l'ignoble dédain du sourire incrédule ,
Des lèvres de Ferney plagiat odieux ,
Qu’un saint enthousiasme en ses murs t’accompagne ; Souviens-toi que la foi transporte la montagne ; l’on pinceau sera grand , si ton cœur est pieux.