MADAME DE SOUBISE. I
II est chez la Reine; Moi, j'accours ici Demander merci Pour ce capitaine Qui vous prie aussi. »
Le blessé dit : «H n'est plus temps, madame; Mon corps n'est pas sauvé, mais bien mon âme; Si vous voulez, donnez-moi votre main, Et je mourrai catholique et romain; Epousez-moi, je suis duc de Soubise; Vous n'aurez pas à vous en repentir :
C'est pour un jour. Hélas! dans votre église Je suis entré, mais pour n'en plus sortir. w
«Je sens fuir mon âme!
Etes-vous ma femme?
— Hélas! dit-elle, oui», Se baissant vers lui.
Un mot les marie.
Ses yeux, par l'effort D'un dernier transport.
Regardent Marie, Puis il tombe mort.
I I 9, MVRE MODERNE.
Ce fiit ainsi qu'Anne devint duchesse; Elle donna le fief et sa richesse A l'ordre saint des frères de Jésus, Et leur légua ses propres biens en sus. Un faible corps, qu'un esprit troublé ronge, Résiste un peu, mais ne vit pas longtemps : Dans le couvent des nonnes, en Saintonge, Elle mourut vierge et veuve à vingt ans.
Ecrit à la Briche, en Beauce. Mai 1828