LA TOILETTE DE HAMDABE
Montre-moi comment, — m^i sultane ! —
Ton voile peut se dénouer;
Comment au jasmin qu'un rien fane,
Tes cheveux viennent se jouer.
Oh I moins brillants sont aux yeux du Berbère Les crins si noirs ornant ses alezans.
Que Dieu, Hamdabe, ait pitié de ton père!
Laisse-moi reprendre mes sens.
Montre-moi tes sérouals de moire, Et comment ils pressent tes flancs, Comment, au mépris de Tiyoire, Le henné noircit tes doigts blancs.
Oh! tes baboudjs!.... laisse m'en voir la paire!
Sur leur velours quels rubis reluisants!
Que Dieu, Hamdabe, ait pitié de ton père!
Laisse-moi reprendre mes sens.
Montre-moi ton foutah de soie,
Et comment tu sais l'étoffer;
Comment ton formelah déploie
Les trésors qu'il veut agrafer.
Oh! ta ceinture I ils sont en or, j'espère,
Ses bouts frangés qu'à tes pieds tu descends! Que Dieu, Hamdabe, ait pitié de ton père!
Laisse-moi reprendre mes sens.
Montre-moi l'anneau de ta jambe,
Et comment tu le fais frémir;
Comment ce diamant qui flambe,
Brillait, — bague au doigt de l'Emir.
Oh! vends-le moil tu ne sais? Délibère.. .!
J'ai des sequins; je t'en donne cinq cents!
Que Dieu, Hamdabe, ait pitié de ton père!
Laisse-moi reprendre mes sens.