‹ Poèmes algériens et récits légendairesChapitre 32 sur 67 · LE LION ET LE LÉZARD · texte numérisé non relu

LE LION ET LE LÉZARD

Fable de Lokman*

Le roi des animaux, brûlé parle soleil

Dont la chaleur invitait au sommeil, Entra dans une grotte sombre.

Son corps fauve dormait sur le sable, dans Tombre, Lorsqu'arrive un lézard qui, sur son dos passant, Imprime un froid contact. Le lion frémissant Bondit... et son grand œil, sous le sourcil qu'il fronce, Promène un long regard qui dans Tantre s'enfonce. Survint Taleb-Joussouf, ( c'est le nom du chacal ) , S'étonnant et riant de l'incident futile Qui faisait qu'un Sultan eut si peur d'un reptile.

Au moqueur le monstre royal Répondit : — « Je crains peu qu'un lézard me défie;

« Mais qu'il me prenne, dès l'abord, » Pour quelque rocher brut... cela me déplaît fort. »

Cette apologue signifie Que le sage craint plus le mépris que la mort.

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