L'EAU MELEE AU VIN
Que la Fable soit le sourire peint Qui masque la pensée austère.
Un jour, Orphée, on nommera tes chants CratèreSy Comme ces vases où l'eau claire Est mêlée au vin.
Eau des sources, légère, Qu'animent la profonde et vivante lumière Les rythmes éternels et simples de la terre.
Tu n'y mêles qu'un peu de vin, Qu'un peu du vin brûlant, lourd des secrets divins Conquis par la sauvage audace de l'humain.
Le feu pur de ton vin dessécherait les bouches.
Le vin fermente en toi, farouche, Lourd de secrets et de fureurs.
Vois se pencher la soif horrible des bacchantes Vers ton cœur douloureux où le vin pur fermente. Les hommes ne sont faits que pour la douce eau lente, L'eau régulière, sans couleur, L'eau qui tient dans leurs pots, l'eau lente. Orphée, il faut oser leur enseigner le vin Lourd de fureur humaine et de secrets divins.
FERWAWD DI VOIRE
UNE FABLE D'ORPHEE
Devant elle flottant et par elle porté Un Péplos éternel couvre l'Humanité
Et la tient ti$sue en sa trame; Et chaque homme est un fil du grand peplos vivant, Un batteiment léger du grand rythme mouvant. Un reflet merveilleux de l'immortelle flamme Par qui tout le peplos s'anime, cœur fervent, Et brille de l'intime et haute ardeur de l'âme.
0 grand Peplos humain, vivant, 0 beau Peplos de feu vivant.