‹ Poèmes choisisChapitre 17 sur 47 · LES COMPAGNES DE DÏONYS · texte numérisé non relu

LES COMPAGNES DE DÏONYS

Mille bouches : « Bacchus aux cheveux de raisin!

« Dionysos de Thrace et de Phrygie! »

lacchos, le chant qui marche en claire théorie. L'entoure de flambeaux et de sistres d'airain. Et vers son char traîné de fauves bactriens

Roule un ardent cortège de folie :

Les baladins savants en obscures magies, Les archers à l'œil bleu venus du nord lointain, Les sages accourus des déserts indiens Et la bacchante avide ouvrant bouche d'orgie.

Elle accourt.

Les danseurs enfiévrés par la flûte phrygienne Font redoubler cymbales et tambours.

Par les sommets, sous les couverts de chênes, Au profond de la nuit vivante et souterraine

Qui prépare le jour après la mort du jour, Court la danse que le dieu mène.

Cybèle des forêts, dont sonnent pour Attis les cris d'amour, A vu ses compagnons, âmes des montueux et verts domaines, Quitter les frais festins de rude sève et courir aux tambours. Les Corybantes nus, entraînés dans la danse et le vacarme Rythment du fracas heurté de leurs armes L'appel des mains et des tambours Qui proclame, parmi les nocturnes alarmes, La résurrection de la vie et du jour.

FERNAND DIVOIRE

Page 1