AUX CROISÉS CANADIENS
wS» -5* -** -£■ «fi*>fi- •*■ •*■ -à- -*• •*■ •*• •*•
328 Voèmes civiques.
Faisant dire comme eux par vos œuvres guerrières :
Quand Dieu frappe un grand coup, c'est de la main des Francs.
De l'Océan dompté vous connaissez la route ; Vous ne portez le frein d'aucune injuste loi; Venez donc, et montrez à l'Europe qui doute La jeune liberté servant la vieille foi.
Lorsqu'hier, étonnant et charmant notre ville, Comme chez des amis, joyeux et familiers, Vous marchiez, jeunes gens au port mâle et tranquille. J'ai reconnu le sang de nos preux chevaliers.
C'était leur franc visage et leur allure franche, Toute l'antique France en un vivant miroir ; Tout : leur sainte devise et leur bannière blanche, Et ce noble parler sentant son vieux terroir.
Q4ux Croisés canadiens. 32g
Oui, c'est le même sang et le même génie Gardés purs et sauvés de nos récents travers, La France d'autrefois alerte et rajeunie Par la liberté sainte et la vie aux déserts.
Allez votre chemin, celui de nos ancêtres, Ce chemin des martyrs, qu'ils ont fait tant de fois ) Gardez Rome éternelle au plus clément des maîtres > Image de son Dieu trônant sur une croix.
Allez, comme eux, souffrir, mourir pour la justice i Notre Europe est livrée aux plus sombres hasards ; Au seuil de l'avenir, il faut que Ton choisisse Entre le joug du Christ et celui des Césars.
Libres soldats, nourris près d'une république, Fils d'une terre où l'homme a toute sa fierté, Vous témoignez, au nom de la jeune Amérique^
ÎQ
33 o 'Poèmes civiques.
A la fois pour le Christ et pour la liberté.
Portez au Roi-Pasteur votre sang et nos larmes ; Nos droits sont dans le sien confondus aujourd'hui. Vous qui baisez les pieds de ce vieillard sans ar/nes, Nul César ne vous voit inclinés devant lui.
Amis, de vos forêts, à travers notre France, Je ne sais quel parfum se répand sur vos pas ; Une clarté vous suit, une fraîche espérance.
Un sacré souvenir quijne périra pas.
Vous nous laissez heureux d'avoir revu des frères, Fiers d'avoir pu serrer votre loyale main.
t)ieu vous aime!... il fera tomber les vents contraires : Français du Nouveau-Monde, allez votre chemin !
Mars 1868.