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Poèmes d'amour

Je vous avais promis ce livre de vers presque avant qu'il fiU commencé. Vous Vave^^ vu se préciser peu à peu, et vous ave:( lu au jour le jour la plus grande part de ces poèmes. Vous les retrouvere:( sans surprise. Je souhaite qu'ils vous plaisent toujours. Ils étaient à vous : je vous les offre, avec toute mon affectueuse admiration.

Paysage

Iveste ainsi près de moi, sur les vers que j'écris Penchant ta grâce fine et ton frôle visage : J'évoque dans tes yeux l'âme d'un paysage Qui dort frileusement sous un pan de ciel gris.

C'est peut-être en Islande et peut-être en Norvège, En un pays du Nord que je sens très lointain ; Le paysage a froid dans un jour presque éteint, Et les choses ont l'air d'attendre de la neige.

Nous sommes là tous deux, vagues. Nous nous aimons Je ne sais rien de plus, je ne puis rien te dire, Sinon que j'entrevois un peu de ton sourire, Et qu'une brume, au loin, tremble au contour des monts;

L i; SONGE D K L'AMOUR

Et que c'est un décor de teinte monotone

Qui s'harmonise avec tes yeux irrésolus,

lit qui n'est pas encore, et qui pourtant n'est plus,

Ni tout à fait l'hiver, ni tout à fait l'automne.

L'heure même, indécise autant quc maison. Ou n'est pas encor claire, ou n'est pas encor sombre ; Il peut sortir du jour, il peut sortir de l'ombre Du crépuscule lent qui traîne à l'horizon.

D'où vient que nous avons au cœur la nostalgie D'un lever de soleil ou d'étoiles? Hélas! Quel vain désir nous presse, et sommes-nous donc las De la pénombre où notre amour se réfugie?

Hors de nous, comme en nous, n'avions-nous pas rêvé Cette exquise douceur des molles demi-teintes. Cette cendre qui tombe à nos âmes éteintes, Ce calme, après l'eflfort, du cœur qui s'est trouvé?

Regarde, la bonté des choses nous accueille,

Et, comme nous, dolente en ce pâle décor,

La sensibilité d'un lac frissonne encor

Le long des bois flétris qui meurent feuille à feuille.

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