‹ Poèmes d'amourChapitre 50 sur 94 · CHOSES ÉPARSES I · texte numérisé non relu

CHOSES ÉPARSES I

Choses éparses

Lék chambre se souvient comme une abandonnée, Plus triste chaque jour de tes brusques départs. Le soir, un peu de toi reste aux meubles épars : Nos deux fauteuils sont là, près de la cheminée.

Sur ma table un bouquet demeuré par oubli Évoque en moi tout le parfum de ta venue, Et, depuis notre adieu, fidèle, continue D'exhaler humblement son arôme affaibli.

Des livres, çà et là, pour les heures d'attente, Sont ouverts sur des mots que j'ai souvent relus. En mon chagrin distrait, je ne reconnais plus Ces amis d'autrefois dont plus rien ne me tente.

146 LE SONGE DE l'AMOUR

Ce soir, tout me révèle un regret plus aimant : Les rideaux que toi-même as fermés tout à l'heure Pour que notre tendresse, obscure, en fût meilleure, Me font mieux ressentir tout mon isolement.

Ici, près de la porte où je t'avais suivie, J'ai possédé longtemps ton visage anxieux; Nous nous sommes aimés des lèvres et des yeux : J'ai voulu qu'un désir t'accompagne en ta vie.

Et, pour être moins seul je pense à tout cela. Aux chers baisers qui font plus pâle ton sourire j Je prépare des mots que je n'ai pas su dire. Et que je trouve en moi dès que tu n'es plus IL

Ma main, qui tremble encor de t'avoir caressée. Parfois sent vivre en elle un contour frissonnant; Et dans le grand lit vide et glacé maintenant La forme de ton corps est à peine effacée.

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