‹ Poèmes de bohêmeChapitre 35 sur 78 · LE SQUELETTE · texte numérisé non relu

LE SQUELETTE

C'est un squelette de baladin qui danse Et se balance la corde au cou ; Chausses de mort et creuse panse, C'est un squelette de baladin qui danse Comme un fou.

Avec sa branche de saule caduc Pour gibet, sur le beau lac d'Ondine, Rêve-t-il toujours d'être Myrdhinn Ou Ogier, sorcier ou duc?

Ah ! doux mendiant d'amoureuse aumône, Entends-tu cette mouche (en robe mignonne

A celle d'un page pareille) Qui s'en va sonnant cet air connu de cor

Qui bourdonne encor

A tes oreilles?

Ou bien dame araignée te file-t-elle

De son léger fuseau Une aune ou deux de dentelle Pour faire une chemise à tes vieux os ?

Qu'importe ! ce soir sous les saules Quelque filleule d'Obéron En vêture argent de fiancée Viendra nouer à tes épaules Sa collerette de liserons Et d'iris tressée,

Pendant qu'aux bords du lac un rossignol Ramagera cette romance :

C'est un squelette de baladin qui danse

Et se balance la corde au cou ; Chausses de mort et creuse panse, C'est un squelette de baladin qui danse Comme un fou.

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