‹ Poèmes de bohêmeChapitre 43 sur 78 · LOYS · texte numérisé non relu

LOYS

Loys cueillait des roses

Car il croyait que l'aube Et le soir sont aussi des roses.

Il aimait le tirelire des oiselles ; Il grapillait souvent des groseilles En faisant peur aux pauvres oiselles.

Dans les bourgs il souriait aux dames

l32 POÈMES DE BOHÊME

Qui se penchent aux balustrades Et mendiait l'amour des belles dames.

Et tournait en gracieuses rondes

11 jouait avec sa toque Et tournait en gracieu En faisant pirouetter sa toque

Aux trois plumes de colombe.

SOIK D'ORIENT

Au clair d'un soir d'Orient et d'azur, Au balcon où les roses fleurissent sur La margelle, la reine de n'importe où (Au clair d'un soir d'Orient et d azur), Lutine avec son fou.

— Mon beau fou, donne-moi l'azalée Qui doit si bon fleurer Fleurie au fond de la vallée. —

l34 POÈMES DE BOHÊME

— Pour vos doigts, douce reine, vous l'aurez. —

— Mon beau fou, donne-moi le diadème

D'argent ouvré

De la princesse de Bohême. —

— Pour vos cheveux, douce reine, vous l'aurez. —

— Mon beau fou, tes fleurs d'amour Se fanent, et ce diadème d'argent

Est trop lourd ; Mon fou, donne-moi les étoiles d'argent. —

Et par un soir d'Orient et d'azur,

Au balcon où fleurissent les chèvrefeuilles

Et les roses, le beau fou vêtu de deuil

A la reine a porté sa jolie cueille

D'étoiles, — dans l'eau d'une coupe d'Assur.

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