‹ Poèmes de bohêmeChapitre 52 sur 78 · LE RÊVEUR · texte numérisé non relu

LE RÊVEUR

Un rat rêvait d'amour dans la souche d'un saule, Sourieur en la rose de sa bouche et fol Comme un jeune rat qui sourit de toute chose.

Sa mie avait vraiment robe si douce et mine Si fûtée avec ses yeux jolis d'émeraude, Qu'il en oubliait croûtes de pain sec et mie.

D'ailleurs tous les cricris comme des ménestrels

l6o POÈMES DE BOHÊME

Accordaient leurs cithares frêles et jouaient

Dans les blés et dans l'herbe une aubade endiablée,

De sorte qu'il n'entendit pas, le pauvre rat, Venir, entre les hêtres où les araignées Cousent leur fil aux branches, le vieux bûcheron

Qui lui trancha la tête d'un coup de cognée.

LE FABLIAU DES FOUS iC]

MESSIRE DE COQUELICOQUIBUS

Un escargot montrait ses cornes à la lune ;

Les fées au bois d'argent pleuraient leur infortune,

Messire de Coquelicoquibus aussi.

Le nain qui le vit s'en fut vite au vieux donjon Gratter ses trois cordes pour éveiller la belle Qui mettait l'échelle de corde à son balcon.

La gorge était mignonne et la bouche à baiser

Savoureuse comme une pomme ; à la croisée Pendait l'échelle de corde ou de soie brisée...

Et là-bas au bois d'argent où les blondes fées Dansent l'une après l'une de soucis coiffées, Un escargot montrait ses cornes à la lune :

Messire de Goquelicoquibus aussi.

LE FABLIAU DES FOUS

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