‹ Poèmes de bohêmeChapitre 64 sur 78 · LA FÉE · texte numérisé non relu

LA FÉE

Chère mignonne fée

Qui n'as pour toute vêture Que ta blonde chevelure, Tes petits pieds sont trop lassés :

Assieds-toi sur mon pouce de vieux sorcier.

Le vent est jaloux de moi Et souffle tant qu'il peut, Mignonne, pour que tu aies froid ;

ICjt) POÈMES DE BOHÈME

Mais moi j'ai cueilli mes trois roses Et mes araignées sont de bonnes couseuses Qui t'en feront une jolie robe.

Le vent peut jaser aux branches Que je ne suis qu'un vieux fou; Qu'il marmonne tout l'automne Et jase ce qu'il veut aux branches :

Le vent n'est qu'un vieux jaloux.

Mais moi j'ai tué la souris blanche Pour t'en faire un manteau bien doux Et voici sa queue soyeuse, mignonne, Pour te la mettre autour du cou.

Page 1