JSD F&BR1CIS8 TARIS
Làclies ! ikii:' un sMil coup de leur filet iafinie, lis ont tiHii i'i-is, Hérault qui meurt pour une femme El Phili]>|>( 1111 qui meurt pour la justice, et toi, Grand ii'ii'iu' du dix Août donnant la chasse au Roi, Des cliouniis iDudroyés superbe antagoniste, Terrible qn r et cœur tendre, vrai Dantoniste, Wcl^te^m»ll<l '. et tes mains triomphantes, tes mains Qui n.ifiui'-n's i:hasgaient à travers les chemma Les Vemli rri- sanglants, criant miséricorde, Pour leur ra\ir la foudre il suffit d'une corde!
Pipgc itiudlilr ! et demain la ville à son éveil Saura (|iiF' h'? cachots haïs par le soleil Dévorcnl ^is iribuns, ses lutteurs, ses génies. Sans K'iHiinlii' an défi des sourdes tyrannies Par le ni i|iii s'insurge et la vaste rumeur D'uu giniiil Ilot populaire indocile au rameur.
cn[ilir^, l'xpiez votre sainte démence ; Car luns iiiii* renîront, martyrs de la clémence. Hormis im >'n1, héros ignoré; c'est Paris, Fahriiiii^ l'uii le greffier qui, tandis Que U's tii r- ucusés défendus par l'histoire Unili'iii i-iilr- vers le prétoire ' lisi'Nl li-di arrêt dans l'œil de CofGnhal, , au ilii.iiil des beaux vaincus de Prairial,
FABRICIU8 PARIS. 261
Sans que son calme front "Sourcillât d'une ligne, S'avança, puis d'un air simple et d'un geste digne Dans les bras de Danton se jeta! quel baiser Héroïque et quel cœur fallut-il pour oser S^offrir, quand la pitié comptait parmi les crimes, A la contagieuse approche des victimes, Et, résigné d'avance aux vengeances du sort, Embrasser le malheur, le péril et la mort!
LE CRI SUPKÉME. 265
« La voix ! J'ai prononcé Tuniversel holà ;
« La Révolution par moti verbe parla,
« Et, tour à tour ardente, effarée ou farouche,
« Surprit les battements de son cœur sur ma bouche,
« Au dix août, au vingt juia, aiï Champ de Mars, et quand
« La Patrie en danger devint un vaste camp,
« Acclamant d'un seul bond mes accents militaires
« Par le multiple écho des armes volontaires»
« Oui! je fus cette voix de la France, et c'est moi
« Où s'usa la Gironde et qui brisai le Roi,
« Qui d'un geste à vos pieds mis soudain la Belgique,
« Moi de toute œuvre énorme ouvrier énergique,
« Qui fis la République et qui fis la Terreur,
« Non pour rassasier une lâche fureur
« Et vouer l'innocent au destin du coupable,
« Mais pour que mon pays» menacé fût capable
« De vaincre et d'exercer la suprême vertu
« De faire grâce après avoir bien combattu.
« J'ai flétri les bourreaux en plaignant les victimes,
« J'ai voulu le bonheur de tous Voilà mes crimes!
« Et maintenant, venez, vil ramas de menteurs, « Vous mes accusateurs, mes calomniateurs, « Monsieur le chevalier de Saint-Just ! un Barère, « Suppôt de monarchie et des Feuillants confrère, « Un Vouland, un Vadier, un Amar, tous Feuillants.
u Les voyez-vous là-bas ces dogues aboyants,
l^^^tL
LE CRI SUPRÊME
A M. CHARLES SEIQNOBOS
Les Ttlans sont toaibé».
Abmàsd Silvestbe.
Devant ce tribunal où Tinville assassine Ces Gordeliers en qui la pitié prit racine, Les voilà tous I
Hermann interroge d'uh ton Cruel et faux celui qu'on appelle Danton.
Georges Danton répond à Tinterrogatoire :
« J'ai trenteans.Une,tombeattendmoncorps.L'histoîrp « A des Panthéons d'or pour y loger mon nom.
« Je suis la voix d'airain d'un peuple, le canon « Qui proclame aux échos sa joie ou sa colère, « Le dur métal sonnant le tocsin populaire,
LE CRI SUPKÊME. ' S65
« La voix ! J'ai prononcé Tuniversel holà ;
« La Révolution par mon verbe parla,
« Et, tour à tour ardente, effarée ou farouche,
« Surprit les battements de son cœur sur ma bouche,
« Au dix août, au vingt juin, au Champ de Mars, et quand
« La Patrie en danger devint un vaste camp,
« Acclamant d'un seul bond mes accents militaires
« Par le multiple écho des armes volontaires»
« Oui! je fus cette voix de la France, et c'est moi
« Où s'usa la Gironde et qui brisai le Roi,
« Qui d'un geste à vos pieds mis soudain la Belgique,
« Moi de toute œuvre énorme ouvrier énergique,
« Qui fis la République et qui fis la Terreur,
« Non pour rassasier une lâche fureur
« Et vouer l'innocent au destin du coupable,
<( Mais pour que mon pays» menacé fût capable
« De vaincre et d'exercer la suprême vertu
« De faire grâce après avoir bien combattu.
« J'ai flétri les bourreaux en plaignant les victimes,
« J'ai voulu le bonheur de tous Voilà mes crimes I
« Et maintenant, venez, vil ramas de menteurs,
« Vous mes accusateurs, mes calomniateurs,
« Monsieur le chevalier de Saint-Just ! un Barère,
« Suppôt de monarchie et des Feuillants confrère,
« Un Vouland, un Vadier, un Amar, tous Feuillants.
i< Les voyez-vous là-bas ces dogues aboyants,
266 • LB ORI SUPRÊME
« Leurs museaux en arrêts à Tétroite lucarne?
« Les yeux fixes, leur meute à notre mort s'acharne.
« Qu'elle approche pour mieux contempler le lion
« En face J'en appelle à la Convention I
« Nous sommes désarmés, enchaînés d impuissance : « Qu'ils viennent nos témoins vengeurs, notre innocence « Rayonnera limpide au ciel de Prairial « Et vous-mêmes, jurés, par un arrêt loyal, « Vous nous rendrez au peuple, à l'amour, à la vie. (( Quand la grande Assemblée un moment asservie (( Nous aura tous absous d'un applaudissement, « Jusqu'à son pur sommet la Montagne ardemment « Nous ravira dans une ivresse auguste et fière, <( Et je pardonnerai sans doute à Robespierre! »
La foule l'écoutait émue, et les jurés Levaient sur le tribun des yeux mal assurés.
Il parla longuement, et quand la violence Ou la ruse voulait le contraindre au silence, A l'Hermann, au Fouquier, il lançait des mépris Superbes, et ses cris d'aigle irrité, ses cris Emplissaient les parois tremblantes de la salle D'une sonorité terrible et colossale.
D'un bruit prodigieux de trombe et d'ouragan. On eût dit un orage aux lèvres d'un Titan, Tant sa voix ébranlant les litres, dans la rue .
LE CRI SUPREME. 267
Par le vent rejetée à la foule éperdue, Sur Paris qui livrait ses tribuns à la mort, Tonnait en renversant les cœurs dans le remord. Tant les longs roulements de l'éloquente foudre Grondaient et par moments prosternaient dans la poudre Les fronts anéantis des jiiges écrasés - . . »
Qui devant un Danton semblaient des accusés.
if »
266 ' LB CRI SUPRÊME
« Leurs museaux en arrêts à Tétroite lucarne ?
« Les yeux fixes, leur meute à notre mort s'acharne.
« Qu'elle approche pour mieux contempler le lion
« En face J'en appelle à la Convention 1
« Nous sommies désarmés, enchaînés dimpuissance : « Qu'ils viennent nos témoins vengeurs, notre innocence « Rayonnera limpide au ciel de Prairial « Et vous-mêmes, jurés, par un arrêt loyal, <( Vous nous rendrez au peuple, à l'amour, à la vie. « Quand la grande Assemblée un moment asservie « Nous aura tous absous d'un applaudissement, « Jusqu'à son pur sommet la Montagne ardemment (( Nous ravira dans une ivresse auguste et fière, « Et je pardonnerai sans doute à Robespierre ! »
La foule l'écoutait émue, et les jurés Levaient sur le tribun des yeux mal assurés.
Il parla longuement, et quand la violence Ou la ruse voulait le contraindre au silence, A l'Hermann, au Fouquier, il lançait des mépris Superbes, et ses cris d'aigle irrité, ses cris Emplissaient les parois tremblantes de la salle D'une sonorité terrible et colossale.
D'un bruit prodigieux de trombe et d'ouragan. On eût dit un orage aux lèvres d'un Titan, Tant sa voix ébranlant les vitres, dans la rue
LE CRI SUPREME
Par le vent rejetée à la foule éperdue, Sur Paris qui livrait ses tribuns à la mort, Tonnait en renversant les cœurs dans le reraord . Tant les longs roulements de l'éloquente foudre Grondaient et par moments prosternaient dans la poudre Les froDts anéantis des jiiges écrasés . . « *
Qui devant un Danton semblaient des accusés»
UtRNIÉRE LETTRE DE aVMILLE A LUCILE
Lurile, A ma femme-eafint,
Réchuilbiil Siiurire de nta jeunesse, t'uut-il, loin de ton amour.
Que le jour Pmt moi tristement reniasse ?
Fjut-il, loin de tes baisers
Retitsés A ma lèvre juiéoUe, Ou'oa m'ait ploa^ sans espoir
Dans le noir D uiie prison, na Lucile ?
t'iuvre chenbeur innocent.
Ne pensant Au peu^ aSraDclii de maîtres
DBRNlàRE LETTRE DE CAMILLE A LUCILE. 269
Que pour faire sans danger
Partager Mon ivresse à tous les êtres,
Je rêvais des jeux, des chants,
Les méchants Envieux d'une alégresse Qui fit courir dans les sens
Des passants Les grands souilles de la Grèce.
Hélas I en nos jours mauvais
Je rêvais La France enfin rassurée, Enfin, apprenant aux cœurs
Ses douceurs, La République adorée !
Rêve d'or et de soleil !
Le réveil Me jette à trente ans dans l'ombre Des cachots mornes et durs.
Dont les mtirs Ont compté des morts sans nombre.
VÎI
Lucile, ô ma femme-enfant,
Réchauffant Sourire de ma jeunesse, Faut-il, loin de ton amour,
Que le jour Pour moi tristement renaisse ?
Faut-il, loin de tes baisers
Refusés A ma lèvre juvénile, Qu*on m^ait plongé sans espoir
Dans le noir D'une prison, ma Lucile ?
Pauvre chercheur innocent,
Ne pensant Au peuple affranchi de maîtres
Que pour faire sans danger
Partager Mon ivresse à tous les êtres,
Je rêvais des jeux, des chants,
Les méchants Envieux d'une alégresse Qui fit courir dans les sens
Des passants Les grands souilles de la Grèce.
Hélas 1 en nos jours mauvais
Je rêvais La France enfin rassurée, Enfin, apprenant aux cœurs
Ses douceurs, La République adorée !
Rêve d'or et de soleil !
Le réveil Me jette à trente ans dans Tombre Des cachots mornes et durs.
Dont les mUrs Ont compté des morts sans nombre.
traîtres, ô tnes bourreaux, . •
Les barreaux Laissent avec ironie . >
Entrevoir là-bas soudain
Le jardin De notre enfance bénie.
Que de fois sous ces lilas,
Jamais las D'ineffables causeries, Nous restâmes jusqu'au soir
Croyant voir L'avenir plein de féeries.
L'avenir ! c'est le présent
Écrasant Qui répond à notre songe :
Jeunesse, gloire, gaîté,
Liberté, Tout fut néant et mensonge.
Sous ces fleurs, sous ces massifs
Où pensifs Nous buvions la joie insigne.
Je ne vois, triste témoin ^
Que de loin Ta mère qui me fait signe.
Et toi, tu ne peux Tenir,
Cher désir, Rose des enchanteresses, Ame douce à respirer,
M'enivrer De fugitives caresses ;
Mais au moins, dans les ennuis
De ces nuits Froides et mélancoliques, Tu peux, ô cœur familier,
M'envoyer Quelques suprêmes reliques ;
Quelques boucles de cheveux,
Je les veux ; Un portrait, belle des belles.
Et ce grand verre où rêveur
Le graveur A mis nos deux noms fidèles.
traîtres, ô tnes bourreaux, .
Les barreaux Laissent avec ironie Entrevoir là-bas soudain
Le jardin De notre enfance bénie.
Que de fois sous ces lilas,
Jamais las D'ineffables causeries, Nous restâmes jusqu'au soir
Croyant voir L'avenir plein de féeries.
L'avenir I c'est le présent
Écrasant Qui répond à notre songe :
Jeunesse, gloire, gaîté.
Liberté, Tout fut néant et mensonge.
Sous ces fleurs, sous ces massifs
Où pensifs Nous buvions la joie insigne.
Je ne vois, triste témoin ^
Que de loin Ta mère qui me fait signe.
Et toi, tu ne peux Tenir,
Cher désir.
Rose des enchanteresses, Ame douce à respirer,
M'enivrer De fugitives caresses ;
Mais au moins, dans les ennuis
De ces nuits Froides et mélancoliques.
Tu peux, ô cœur familier,
M'envoyer Quelques suprêmes reliques ;
Quelques boucles de cheveux.
Je les veux ; Un portrait, belle des belles.
Et ce grand verre où rêveur
Le graveur A mis nos deux noms fidèles.