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Poèmes de Paris

Devant un bon tableau dont on connaît l'auteur La foule est immobile, ou passe avec lenteur ; C'est comme dans le monde une fête choisie Mais où l'on est vêtu selon sa fantaisie, Sans la mise uniforme et le triste habit noir. Les femmes qui s'en vont souriantes, sans voir. Marquant un nom d'un trait délicat ou facile, Portent tout simplement la toilette de ville : Cette toilette fraîche et frêle que l'été Fait encore plus belle en sa légèreté, Si savante, malgré sa façon ingénue.

Que le velours tenant sur une épaule nue A peine, en un hasard de chute qu'on attend, N'a rien de moins sévère ou de plus irritant. L'étoffe modelée à la courbe des hanches Est une trahison sous les dentelles blanches ; Les chapeaux sont des fleurs et même des oiseaux, Et CQs pièges d'amour prennent à leurs réseaux Les rêveurs éblouis, qui, toute une journée, Vivent d'une figure exquise ou chiffonnée.

Lorsque l'on sort, lassé d'avoir vu sur les murs Des villages, des ciels étincelants et purs, De blanches nudités sincères ou menteuses, On suit, sans y penser, les blondes visiteuses. Les robes que les pas rhythment comme un essor, Les belles nuques d'ambre où court un frisson d'or Et quand, les yeux éteints et les jambes brisées. On revoit le printemps dans les Champs-Elysées,

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