AU THÉÂTRE
LE GÉNÉRAL PITTlÉ
N'avez-vous pas aimé quelquefois tout un soir, La jeune fille entrant ou qui vient de s'asseoir Dans sa loge, avec un parfum de violette ? La fleur dans les cheveux relève la toilette Faite de l'accord fin des tons roses et gris : A cette grâce simple on reconnaît Paris. Dans ces beaux yeux profonds et sans éclat frivole L'âme vers la clarté comme un cygne s'envole ; Le front qui pense luit de leur azur serein : Telle la « jeune fille à l'œillet » de Flandrin. Par moment sur la bouche harmonieuse et rose, Papillon délicat, un sourire se pose, Choisissant avec grâce et comme par hasard Les plus exquises fleurs au jardin de Mozart,
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Et l'on sent la fraîcheur adorable goûtée A la pose du bras et de la main gantée.
Auprès de cette enfant, sous le ciel de ses yeux,
On pense à œs matins calmes et glorieux
Où l'âme qu'étreignait le printemps se desserre
Au regard d'un soleil magnifique et sincère,
Dans la sécurité candide de l'amour.
Le soir même tiendra les promesses du jour,
Et ce sera dans l'ombre et sous de légers voiles
L'extase, et le lever sans nombre des étoiles,
Si bien que le spectacle en un songe achevé...
A peine on s'aperçoit que le cœur a rêvé.