LA REVANCHE DES CORROMPUES
A Gustave Bridier.
Bon homme, rien n'est mieux que telles adulées - De haine affolées En Issoudun soient fusillant au cœur L'adulateur.
Mais d'autres à Paris sont, et grand est leur nombre, Loin du meurtre sombre Qui se vengent bien, quoique doucement, De l'inclément Par l'amour menti fol et qu'à chaque amant verse Leur langueur perverse.
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Nous les contemplons, ces beaux lys brisés, Alors blasés, Attisant de baisers en spirale la flamme Dévolue à l'âme Végétale de ces messieurs bien mis Tenus soumis, Comme de bas toutous par l'appeau d'un sein rose, Redoutable chose !
Et qu'une quenotte âpre, sans souci Et sans merci, Rongera tout entiers au propre et d'héritages En de sûrs chantages.
« Ah ! ballants gallants, Don Juans, Artabans, Pédants probants, Bonimenteurs, offreurs de monts et de merveilles, Vos fois sans pareilles, Après nous avoir arraché l'honneur Et le bonheur, Nous ont été tout aussitôt des infidèles ?... A nous ! », disent-elles.
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Et cependant qu'ils vont vidés, suant le pus, Plonger leur déshonneur de misère en cloaque, Elles, joyeuses, dans l'Eden parisiaque Se prélassent les nerfs de vengeance repus.
Loin des amants maudits dont le torse velu Piquait leur derme en fleur de rubis ébriaques, Elles goûtent les longs spasmes démoniaques Ardant au moite seuil de leur centre poilu.
En les voyant passer, Nous, les loyaux, les mâles, Férus dans notre orgueil qu'elles gardent leurs râles Pour le baiser du sexe au contraire de nous,
Nous empourprons nos fronts de hontes solidaires.
Le remords âtrement corrode nos cœurs fous ;
Et nous courbons le dos. — Nos dos de dromadaires !