‹ Poèmes décadents, 1883-1895Chapitre 28 sur 32 · IMTTKE DE FRANÇOIS VILLON · texte numérisé non relu

IMTTKE DE FRANÇOIS VILLON

Père défunt, ouvrier de la vigne, Et toi maman, miel de mon souvenir Où le malsort d'un bon regret désigne Un qui bien fit pour que j'eusse avenir (Puis-je à grief jamais cela tenir?), Loin d'ici-bas où je reste faitard, Priez Dieu qu'il me veuille retenir L'amitié d'or du grand Charles Cotard.

118 Ballade

Comme un maudit qui dépite et trépigne, J'allais. Mon deuil ne se voyait finir, Lorsqu'il déchut sa manne sur ma guigne, Ce Mécènus que ne dois trop bénir.

Vin d'espoir dont nul ne peut s'abstenir, Pain du courage à ma faim de bel art, D'eux me reput un peu, sans me ternir, L'amitié d'or du grand Charles Cotard.

Mais il advint qu'aussi me crut indigne Lui, que pensais fier de mon devenir, Parce qu'un jour malheureté hors ligne Voulut d'hosteaux ma probité honnir.

S'en appelai, Thémis soûlant peinir, De mon essoine à son voir : fut-ce tard, Quoi ? Départit, quand croyais m'attenir, L'amitié d'or du grand Charles Cotard.

Ballade 1 W

Envoi

Parents pleures, ma prière se signe De vos tombeaux celant quel avatar :

Requérez-moi, j'en demeurerai digne, L'amitié d'or du grand Charles Cotard.

Page 1