‹ Poèmes des poilus;Chapitre 12 sur 14 · A MADEMOISELLE E. B. K · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE E. B. K

Souvenir Reconnaissant

Je ne saurais chanter sur un rythme guerrier Vos viriles vertus, ô ma chère infirmière Car je trouve qu'il est plus doux de vous

parer Des touchantes vertus divinisant la Mère.

Pendant longtemps, n'écoutant que votre bonté.

Au grand enfant pour qui vous étiez maternelle

Votre charmante main a souvent apporté

De gracieux présents qui ne viennent que d'elle.

Mais que sont ces présents devant le don sacré Sans cesse répété du meilleur de votre âme ? Ah, que ce jour est doux, puisqu'il m'a procuré Le plaisir délicat de vous louer. Madame ! [44]

Souvenir Reconnaissant — continué

Votre f émininité me fut une douceur ; La grâce, la pitié fleurissaient votre bouche, Et votre clair regard instillait en mon cœur La résignation me rivant à ma couche.

Rieuse ou grave, vous paraissiez devant mes

yeux; Un rayon de soleil se jouait sur votre aile, Ange de la Bonté. Et patient ou fiévreux. Je vous suivais des yeux, attendri et fidèle.

Car vous symbolisiez pour mon cœur alangui Par l'horreur des combats et la douleur

amère Mes amis, mes Parents; et j'aimais lorsqu'ici Vous veniez près de moi, ô Croisée de la

Guerre.

RoYAN, M Septembre, 1915.

Le Foyer du Soldat, Epinal, Janvier, 1917.

AUX CHARMANTES AMÉRICAINES QUI ONT ENVOYÉ AUX SOLDATS DE FRANCE DE SI DÉLICATS PRÉSENTS

Ballade

Aimables filles d'Amérique, Pour ceux qui sur le sol gaulois Dans une lutte âpre et tragique Défendent le monde et ses droits, Vous avez de votre main fine Cousu de jolis sacs, choisi Tous ces objets qu'on nous destine.

— A toutes de grand cœur : Merci.

n Votre geste, après tout, s'explique.

Sœurs de ceux qu'on vit autrefois Partir fiers, résolus, stoïques Vers les grands lacs et les grands bois. [46]

Ballade — continue

Acceptant l'exil, la ruine, Ils furent vainqueurs, eux aussi.

Par ces objets qu'on nous destine Vous luttez avec nous : Merci.

On dit que nous sommes épiques Et qu'on admire nos exploits.

Nous sommes surtout pacifiques ; Mais il faut les mettre aux abois.

Ceux-là que le monde abomine.

Tant qu'ils ne crieront pas merci Sous le fer ou par la famine.

Il faudra lutter : c'est ainsi.

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