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Poèmes élégiaques

Le chœur des regrets Chante en faux-bourdon une phrase lente y Pleine de soupirs et d'aveux discrets.

Les bassons avec les violoncelles Pleurent, pleurent tous Et disent les noms adorés de celles Dont les yeux denjants jadis m'étaient doux.

Aux accents connus défile sans trêve^

A pas assourdis^ Avec la splendeur exacte du rêve^ La vision des lointains paradis.

POÈMES ÉLtOlAQUES

Cheveux roux frôlant les épaules blanches,

Parmi les lilas.

Les filles d'amour écartent les branches Et le clair soleil dore leurs beaux bras.

Voici les bosquets doà La Sérénade

De Schubert s'enfuit.

Pareille à la voix d'un ange malade^ Qu'emporte à regret l'aile de la Nuit.

Puis rombre survient et P Automne enrhume

Le cuivre des cors.

Et la valse lente épand dans la brume. Langoureusement, ses derniers accords.

L'orchestré se tait et la lune ronde^

Ce lis sans parfums.

Surgit. Les Follets, enchaînant leur ronde^ Mènent le convoi des Amours défunts.

LE JARDIN DES RÊVES

SONNET

Bien que je sois brisé comme sont les fréfçates Qu'emporte l'Océan sur les récifs houleux, J'ai gardé le trésor de mes beaux rêves bleus En des coffrets ornés de perles et d'ag^ates.

Je remonte parfois le fleuve nébuleux De l'enfance, bordé de flores délicates, Et je revois passer les robes écarlates Des Anges disparus dans les ciels fabuleux i

PUËMES ÉLÉGIAQUKS

Les jardins sont remplis de valseuses pâmées, Les roses dans le vin se meurent, parfumées, Les baisers ont une aile et passent en riant :

A travers les bosquets montent des sons de lyre, Tandis que sur la fête éprise de délire L'étoile Poésie éclot à Torient.

LB JARDIN DES RÊVfiS tt

SONNET

Mes désirs vont vers toi comme des tourterelles, Vers toi pleine de grâce et pleine de bonté, Et s'accoitent parmi les fleurs surnaturelles Ecloses au jardin vermeil de ta beauté.

Mais, ravivant Thorreur des anciennes querelles, Des souvenirs amers, comme un chœur irrité, Pleurent dans le roucoulement des tourterelles^ Et s'éveillent au fond de ma sérénité.

POEUES KLÉGIAQUES

Déjà sur mes cheveux les neiges automnales Ont posé la pâleur des suprêmes adieux ; Les ang'es ont rouvert leurs ailes sidérales.

Laisse- moi m'enivrer de baisers radieux

Et, longuement bercé par tes mains virginales,

Oublier les soleils endormis dans mes yeux»

LE JARDIN DES BÊVES l3

PER SiECULA

Maîtresse, la blancheur des cygnes te décore :

Mais un fervent soleil a rougi tes cheveux,

Et, dans leurs anneaux lourds baisant tes bras nerveux,

Des rayons d'or fondu semblent frémir encore.

J*ai versé devant toi le doux vin des aveux; Artiste énamouré du songe près d'éclore, J'élève à ta beauté, dans un rythme sonore, Des temples d'où vers toi s'exhaleront nos vœux.

l4 POÈMES ÉLÉGIAQUSS

Afin que, retrouvant les mètres impassibles,

Ceux qui naîtront de nous, au fond des va^es bibles,

Sentent Todeur frémir encor de nos baisers.

Et que ton nom se mêle au nom de ces amantes Qui, parmi les ^and lis et les roses clémentes, Dorment sous un linceul d'amours éternisés.

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LE JAHDIN DES RÊVES l5

SONNET

Sois bénie et qu'uD jour les Anges de lumière Célèbrent ton doux nom dans leurs concerts pieux, Toi par qui, recouvrant sa pureté première, Mon cœur refleurira comme un jardin joyeux I

Sois bénie, 6 ma sœur bien-aimée ! et sois fière Pour avoir deviné, dans mon cœur soucieux, Tout ce que je gardais de force printanière Et d'aspirations vers de plus chastes cieux.

l6 POiMBS ÉLéaiAQUBS

Tu m'as tendu la main sur cette route amère Où, voyageur lassé de monter la Chimère, Triste^ je sommeillais en attendant le jour.

Tu m'as versé le vin joyeux de ton sourire Et rendu dans leur joie entière et leur délire Les caresses en fleur de mon premier amour.

LE JARDIN DES RÊVES

SONNET

Pour îmmortellement fixer renchanteresse Indolence, le charme obscur à définir Et dans des vers mystérieux, avec adresse, De votre cher profil noter le souvenir ,

Il nous faudrait, en châtelaine, en dog'aresse. Parmi des fleurs du Ciel, vous peindre et rajeunir Les tons extasiés dont Jean Memling caresse Notre-Dame, sur un champ d'or et de saphyr»

l8 POÈMES ELSGIAQUBS

Emaux d'azur ! vélins gaufrés d'enluminures Blondes où, dans leur cotte aux roides entournures, Les belles d'autrefois passent, tenant un lis !

Et gloire à votre nom par delà les étoiles,

Vous qui gardez, éclos sous l'argent fin des voiles,

Un sourire oublié de Ginèvre ou d' AUys !

LE JARDIN DES RÉVES IQ

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