RÉSIGNATION
Sur la lyre d'or aux cordes plaintives. Mes doigts ont usé leur jeune vigueur Sans pouvoir jamais des notes captives Fléchir la rigueur.
Et je n'ai pas ceint le mjrthe farouche, Ni, domptant le Rhythme ainsi qu'un coursier, Réglé son allure et meurtri sa bouche Sous le frein d'acier.
Ténébreux lutteur, j'ai pleuré des larmes Que nul rayon clair n'est venu sécher, Dès les premiers coups j'ai faussé mes armes Comme un jeune archer.
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Et la Muse en pleurs, la grande Amoureuse Qui s*unit au chœur immense des Dieux, A jeté sur moi Tombre douloureuse Des derniers adieux.
Cependant j'avais Tàme d'un poète; Je portais au cœur un désir puissant Et, pour m'assurer la sainte conquête»
J o£Frais tout mon sang.
Je rêvais la blonde et chaste pâtrîe Où le doux chanteur aux regards pàlîs Revêt dans l'encens et Tldolâtrie La splendeur dis lys.
Mais j'étais de ôêut quô, sur cette terre» Lé Malheur choiiiit p6ur des ehem élus, Qui portent flU fToUt là devise austère t « Jamais, jamais plus. )»
Aussi niaintéUant, que la uei|^e tombe Ou que les soleils fleurissent le bleu. Mort âme est fermée ainsi qu'une tombe, Qu'un temple êhûé dieu.
LE JARDIN DES RÊVES
Comme en un tombeau que les hautes herbes Gardent de l'orage et du vent moqueur, Dans le souvenir des espoirs superbes J'ai scellé mon cœur.
Et ce cœur brisé qui souffre en silence Est pareil au tien, Mère-des -Douleurs : Sur le lin rougpeâtre, autour de la lance, Il saig^ne des pleurs,
Des pleurs éperdus qui, par sept blessures, Coulent dans la nuit désespérément, Sans qu'aucun baiser mêle à leur morsure Son enivrement.
ÉPIGRAMMES
ÉPI6RAMMES
Je te donne ces fleurs, où j'ai mis un baiser
Aussi fervent que mon amour, pour les poser
Entre tes seins de fraise ainsi que dans un vase,
Afin que, cette nuit, à l'heure de Textase,
Quand, sur les longs divans qui moulent ton beau corps,
Tes voiles tomberont comme de vains décors.
Je sente se mêler en des apothéoses
Le parfum de ta chair et le parfum des roses.
-îTïisçr-
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Puisque, pour égayer tes savantes paresses,
Tu livres toD beau corps à mes longues caresses
Et que, sur les coussins embaumés et soyeux,
A resplendi l'orgueil de ton flanc glorieux,
Laisse, reine d'amour, sur tes blancheurs de cygne,
Ramper de lourds baisers qui, pareils à la vigne.
Te couvriront si bien d'âpres enlacements.
Que tu verras tes bras avec tes seins charmants
Se convulser sous les étreintes savoureuses
Et frissonner longtemps nos lèvres amoureuses.
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