SUR LA DOUCEUR DE PAUVRETÉ
Par les chemins où croît l'épine affreuse, La Vierge aux maigres flancs, la Pauvreté, Malgré Douloir qui sa paupière creuse Et Malefaim debout à son côté, Franchit sans peur le roc ensanglanté.
Car elle sait, la Dame tutélaire, Quel vêtement de gloire, et quel salaire. Et quels joyaux faits des pleurs anciens L'investiront d'une gloire stellaire.
Lorsque Jésus reconnaîtra les siens.
Un astre dort sous guenille poudreuse.
Amour sans fin, éternelle Beauté, Vont rajeunir ta face, bienheureuse Reine du simple et du déshérité I Sur les parvis d'azur, en la Cité
|36 POèMES iLÉOUQrjES
Qu'un blanc soleil immarcessible éclaire, Tes pieds lassés par la fange et par Terre, Malgré les cris des vils pharisiens, Se poseront comme un aiglon sur Taire, Lorsque Jésus reconnaîtra les siens.
Donnez la rose avec la tubéreuse !
Et le Poète aussi, tant molesté.
Verra finir sa course douloureuse Au matin bleu de TImmortalité.
Son fier désir, à présent exalté.
Resplendira sur sa face très claire.
Pour ce dolent accoiter et complaire, Des chœurs épris d'Anges musiciens Diront ses vers à TAgne^^u jubilaire, Lorsque Jésus reconnaîtra les siens.
BNYOI
A Paul Verlaine,
Prince des vers si doux, le scapulaire
Et Thumble froc, chez tels béotiens,
Ebaudit un mufle patibulaire.
Mais toi, sans peur, sans feinte, sans colère,
Sois de ton Dieu Téternel vexillaire,
Lorsque Jésus reconnaîtra les siens,
Septembre 1893.
SIX BALLA.DI8 élàaïkQXJRS l^f