LA CONSOLATION AUTOMNALE
Tu le connais, 6 toi qui fus ma mie.
Ce parc hautain jonché de feuilles d'or, Où du couchant la lueur accalmie Incendiait les arbres en décor, Et les appels nostalgiques du cor, Et tout le soir d'octobre, et les feux roses Parmi la Seine aux lointains gracieux, Et ces parfums de mousses, et les choses D'autrefois qui montaient dans nos adieux. La Belle a dit : « Ne pleurez pas les roses. »
Rose de Mai qu'a l'automne blèmie, Où respirer tes effluves encor?
Luths, violons, musette et chalemie, Sous les pins noirs, ont cessé leur accord. La vigne pend au souffle aigu du nord.
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SIX BALLADES ÉlÉGIAQUES i43
Comme un Géronte imbécile, lu causes,
Vieil Aquilon, par le bois spacieux,
Et, déchaînant les Hjades moroses.
Un lourd brouillard se traîne dans les cieux.
La Belle a dit : « Ne pleurez pas les roses. »
Le Temps déjà^ furieuse Lamie, Des cœurs aimants ruine le trésor.
Sans éparg'ner beauté ni preud'homie.
Cassandre vient qui remplace Lindor.
Adieu les jours fervents de thermidor ! Adieu Lignons, Gythères et Formoses !
Vendang'e est faite aux ceps délicieux.
Le Souvenir bougonne quelques gloses Et peint d*azur ses frêles camaïeux.
La Belle a dit : « Ne pleurez pas les roses. »
ENVOI
Prince d'amour, quand, leurs pennes décloses, Stryges, corbeaux et chats-huants soyeux Voltigeront, secouant des névroses.
Tourne-toi vers le printemps de ses yeux. ^ La Belle a dit : « Ne pleurez pas les roses. »
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