LES NOCES DE HBSSIDOR
A Robert Scheffnr.
iortiquë, l'aubier fendu sous des coias IX, le Pin de la SainUTean, debout entre les uil'étançonnentje Pin surgit, milré de fleurs é de brandes, avec l'appareil d'an fantômeorage moutonne dans le ciel, torpide, rubéazur de tonnerres avortés. L'âme ténébreuse rolles s'exaspère en de vivants parfums : le i des tilleuls avec l'ambre des roses imprègne Lgueur la transparente nuit.
Ferments d'alcôve où se souvient le musc des chevelures, frissons du rut universe sèves pâmées, un arôme fervent i baisers et des lis se marie, circule si la plèbe enivrée, comme un fleuve de souvenir.
Devers le ponant , aux fins de rougeur élale, un abtme de sang i détermine en silhouette l'ogive mine En haut, lebleu lucide, l'ondeclaire déjà pâli. Des hirondelles Incisent noires les volutes pourpres des nu{ des flammes s'écroulent du zénith a pour une lente apothéose, vers l'inc s'effondre et s'échafaude, monte, l'embrasement glorieux et mulliform
La foule, stupide à l'accoutumé sont venus là, concomités de leurs é[ de leurs marcassins. Des guenippet fessionnellement.
Des blousards — maternels avi gent à pleins bras leur descendance peur, de morve et de sucre en bât
([} llailtal — bâcher, ta dialecte bigourdac
l'OÉHtS ÉLÉGIAQUES
ières ea têle, chantres au ilaac, voici le lasiférant des cantiques. Autour du bûcher, rea géauflectent, goupillonneat et saluent, iuelecélébraat,àgraiid renfort d'allumettes, icréliucelle paresseuse à jaillir. Ua nuâge
écharpe grise lamée brusquement de stries s. Des feuilles de buis vert craqueul et t, s'échevèlenl eu sequins d'or. Sur le tronc isselle un baume iacandescentquile dévore.
Dtres suffoqués rendcleut l'hymne de Paul
cependant qu'ua eccléaiasliq ar le brasier, s'évertue de ramei arrière. Les voyous se culbute brandon public les thyrses do ure, effarer Mesdames les bou ; leurs mollets.
ns le ciel où rougeoient des es, dans le ciel métallique et fuci ^e éteinte, dans le ciel où grai
amour, éclate, sur la cohue geur des anciens Dieux.
iscule ensanglanté de rouille el ! turquoise et de cuivre où dél :8, les ménagères de l'endroit.
les membreB gauchis dans leur vâture de cadîs, le»
mâles fument sur la place de l'Egli- <i--j--.
le souper. Une fuile d'eaceiis train ouvert. Des bé^iues, sjinélrisi bousculées par la débâcle de vêpres, parmi les saints peioturlurés. Ci qu'épargne la rousseur de l'heure, de paradis, une Avallon campagn fraicheurs des bénitiers.
Mais, plus rude, avec sun fu écrasées, la moisson liturgique sa les rues de la bourgade.
Roses bénites, lys sacrés, fcnt syrien Adonis, les herbes de la Si rent sous les toits rustiques ieui son.
Parmi ses glauques cheveux d'o aux yeux pers sème des nœuds d feuille trilobée des ancoties supp des campancs améthystes. Les da nés velues, les euphorbes aux pétai»
digitales assassines bandent leu famées, et, noir de suprêmes vcn craquer, sous les sabols de frêne plutoniennes.
Amère saveur des plantes! Br qu'affadit à peine l'encens nauséi
3l8 POÈHES iLÉGIAQUBS
veille OÙ, par les hautes prairies, lesjeunes hommes se baignent aux lustrales rosées, invig^orenl leur puberté dans la communion des choses. Les fontaines débordent, la fougère mûrit. Le village latin Ta, ce soir, ses païennes et vivantes origines, oins que, nantie de quelque billon, lajoulocale ne se rue au Café du Sud-Ouest, prêtent illustré par les intermèdes et chansons '* Pépita, romancière excentrique à l'instar -is, comme en témoigne, avec déférence, :ur public, très digne, après un roulement de nbour enchifrené.
aezan-de-Bigorre, ceUe nuildela Sainl-Jean d'éli 1897.
Sur la lable, un faisceau de lis. C de quoi la chair vive s'humilie, m dépriser le vernis des conques, rameaux. La tige d'un vert bléme oj où, vol d'insectes mordorés, posen D'ailleurs, nulle innocence, malgré patte-pelue des processionnaires. 1 blanc, tel un soleil de juin, le fas trop généreux pour nos désirs.
Superbes, d'une gloire laiteuse, Venise, les corymbes liliaux verse aux choses familières. Comme le l tiqae,le Souvenir se repaît entre leu l'ombre où susurre, inquiet, l'appel renaît l'effluve des charmilles, le f soirs, à travers d'autres branches.
Les baisers fleuris de troènes, les telles aux pâleurs des jasmins pe sabbat de la jeunesse fugitive.
Par la fenêtre>?y
estompé, l'on dli '«'^-iSS
noyé d'obscurité, sans un brufld
l'harmonica solitaire des crapauds exaltant squi rit à leurs yeux de topaze, et, sur l'arête rmes, se lève, coruscante.
Un fauve soleil darde sur blants rayons. La brande verl bile dans les silences de midi grillons scande les minutes l'élé. Au loin, vers la monti badine quelque source, trem aulnes, un brouillard évanoui
Massives, érig'eant en plein cîer bleu, les vastes Pyrénées Tours crénelées, flèches de c imbriquées d'or, toitures mor de géants, les lourdes cime; rude clarlé leurs dômes presti
Dans l'azur nu, invisible pr d'un vautour. Une couleuvre, sur la bruyère avec le bru:
froissé.
Et le paslour dont les sabc sur la roule empoussiérée, h
letourlourou convalescent, aux filles de ferme des brévi avec transport l'aveuglant cependant qu'au bord du fos!
un rustre, en pleine lumi< lassés d'un mouvement poni
J'ai sous les yeux cette furieuse Rembrandt: 5'ain^ Jean dans le désert, cendreux, aduste et comme vitrifié pi que surplombent de noires falaises. L nu du roc vif, sans eau ni végétal. Un pe de sommeil, écrasé vers le sol, prosp yeux vides l'halluciné qui le harang sur un mamelon effrité, le Précurseui rêve messianique, insoucieux de te hormis de l'Idéal. Le souffle de la mi ses lèvres d'où fulgure sur le vieux me des malédictions. Son maigre corps ser loque, le capuchon nimbant sa tétecrei fanatique et bourru, tel surgit, en sa lai( naire, l'ancêtre des moines tourmentei porte à l'ascète l'horreur brûlante de l'obtuse indifférence des auditeurs? t parle. Hors du contingent et du conci le ravit. Un dieu l'emporte vers les cimei
334 POÈMES tttaïKQVVS
vre une justice nouvelle et, ruées du farouche Thabor,Ies hordes noires des Barbares à venir, destructeurs de toute sociale harmonie et de toute beauté. Au premier plan, dans une lumière on dirait apaisée, trois bourgeois pérorent avec un dégoût manifeste, improuvent ces ardeurs de colère et de foi. Leurs vêtements sont amples, levés dans des étoffes opulentes et durables, faits d'un air cossu qui, d'abord, les signale pour des gens arrivés. De larges tiares, copieuses en broderies, cerclent leurs tempes grisâtres. Leur personne entière montre un air de délibération, effet de la richesse autant que de l'estime oii chacun les tient. Pour les visages, rien ne se peut imaginer de plus bassement laid. Lésine, goinfrerie, astuce, dépriment tour à tour ces visages, y creusent des rides, ignoblement. A coup sûr, voilà des gens pieux, madrés en leur négoce et qui reluisent aux fins de mois. Aussi, de quel mépris toisent-ils le prophète mangeur de sauterelles,es8énien préchant la déteslation du riche etla communauté! L'ahurissement du pleutre qui ne saisit pas s'unit en leurs discours à la haine du banquier menacé dans son argent. Ici, ',anl, le grotesque domine. Ce trio de piedsfait songer à telles planches de Daumier, d'un lier gigantesque, promu à la vie sublime du 1 art.
Un rayon compatissant d'automne i sa lueur élégiaque les arbres mordorés t corbeilles d'héliotrope et de sauge éct plus hautes ramures, de longs brouillards traînent el se déroulent comme un h gaze bleue. Pénétrante, l'odeur des feuil l'acre senteur du buis se mêlent aux véhé fum des anthémis. Les tilleuls d'or pàl« voir sur l'eau mate leurs dépouilles volî que, sous le couvert des allées, merles gorges entonnent leur chanson d'hiver.
Aimable saison de lumière atténuée, ■ res brèves du soleil offrent au convalesce bienfaisante de leur molle tiédeur.
A peine reconquis par la douceur de 1 bon s'asseoir au pied des mortes cha rêvant aux malins joyeux des futurs p
Nul site plus à souhait pour oublier i nattre.L'anliqueapanage du comte Rayr louse, avec la grâce indécise de son cha
3a6 poiiHBB iiiiGiiQUES
mat, tempère les souffles cruels des Pyrénées par je ne sais quelle fondante haleine de Provence et de Bas-Lan^edoc.
Le Pont-Neuf, un pont de pierre dont l'assise, réfractaire aux crues de la Garonne capricieuse, porte superbement sa jeunesse de trois cents années, le Pont-Neuf domine tout le fleuve avec ses quais, ses herges, ses maisons de briques rutilantes, ses Ilots pleins d'arbres et de fraîcheur. En aval du faubourg Saiat-Cyprien,le Bamier (comme on appelle ici, depuis Goudouli, chaque site planté d'arbres), le Ramier du Château égayé l'onde torrentueuse de guinguettes bocagères et de réduits pour le plaisir des cœurs. Au bord, la Prairie des Fillresoù, par les soirs de juin, des chœurs d'hommes et de femmes aux timbres généreux déchaînent, en plein air, quelque odelette moundine, quelque sirvente d'autrefois.
Puis, ce sont, étages sur la rive droite, les campaniles et les tours des antiques églises dardant au vif azur leurs aiguilles couleur de porphyre et de sang. Des Jacobins à Saint-Michel, espacées de quelques mètres à peine, s'érigent les cathédrales aux noms harmonieux. Comme l'oasis de la Camar- (Tue. ce beau lieu pourrait être baptisé les Saintes : Sancta Maria Deaurata, Sancta Maria fa : la Daurade, la Dalbade, toute
nie de pierres fauves dont chaque répons est un clocher. La rousseur du matin fait palpiter comme une lyre tous ces clochers, emportant dans le ciel clair des carillons d'allégresse, es!
et des alléluias. C'est là que chani volées des campanes, les Pâques i que, blessé d'incurables dégoûts d'être encore et l'impuissaace venu m'asseoir près de la roule c résonnèrent les cantiques du pri El, dans ce double mirage du s( lomne où passent en tuniques bla d'autrefois, je me prends à rêver Martin réparatrice, dans un pa; novembre, près du fleuve royal qi pieds un flot d'écarlate et d'or.
ToulouK-Saiat-CypneD, i4 noverob
six heures, à pointe d'aube, un sordMe ird, une pesante muraille de plomb et d'é* s encliaperonne la montagne, aveugle notre , indécis à quelques pas. Nous marchons is et, peu à peu, s'allègent les ténébreuses Sn volutes, des brumes s'éparpillent auloin, rchassent et retombent comme une fumée vert, lus haut, sur nos tftles, un lambeau d'outre-
bienlôt, le soleil épuisant, d'un seul trait, la
onfuse des vapeurs.
ible rayon d'automne! Voici que jaillissent
itagnes, toutes de saphir pâle et de satin
Çà et là, des troupeaux se hâtent vers la
au tintement fêlé des sonnailles, aux ap-
nolones du berger.
les pentes encore d'herbe verte, les tulipes
re, les sveltes colchiques déroulent frileu-
leurs pétales de gaze mauve. A pfinp imt- IX bas-fonds, une brouée indécÎE
d'un bleu pur flamboie, tandis que, de vingt clochers harmonisés par la distance, éclate en volées furieuses l'allégresse du matin.
Dans quelques tours d'horloge, demain, j'aurai quitté celte féerie que ne contamine plus l'œil bestial des touristes, cette montagne de mon où, maintenant inSrme et déjà pliant sou!
leur de vivre, je fus chercher les sources manente jeunesse et de revivification.
Doux mirage de repos et de santé dani en fleurs, vous reverrai-je encore?
Quand vos sapins élaleront, de nouvej fraîches aiguilles, couronne du prinlemp:
roitelets et rouges-gorges, ayant épuisé li reux festin des sorbes hivernales, s'envole la montagne résurgente, le fer, peut-être, < dieuse maladie, m'auront pour jamais em la lumière.
Adieu! Sans vous, et ne m'enviez pas disait, près des bords étrangers, le poète sans vous, mes compagnons silencieux, je la Ville.
Puîssé-je, du moins, y porter, en nu quelque chose de votre orgueil robuste, souffles libres et vierges, de votre dédaîg pacifique beauté I
Ck)l du Tourmaletj le 12 octobre 1896.
FOËHHS iLiSIAQUES
LE MIRACLE DE SAINT GWENOLÉ A PanlFacki.
Le roi Gralon étant Tenu à la couronne par le décès de Conan Mériadeck, premier roi chrétien de la Bretagne armorique, une splendeur inouïe, un renom de gloire bienfaisaDte porta jusqu'aux astres le nom de Gwénolé, abbé de Lantévennec. Ayant, dès sa prime jeunesse, connu pard'étranges miracles la sainteté de Corentin, le roi communément lui rendait visite; de m£me à Gwénolé son disciple, faisant de grandes aumânes et se recommandant à la vertu de leurs prières. Corentin, l'ermite du Menez-Hom, cette noble montagne qui, par des courbes adoucies, prolonge vers l'Océan les coteaux de Kimmerc'h, avait reçu de Martin luimême, à Tours, dans l'insigne basilique, l'iinm»»;ture épiscopale. C'est alors que les fils de Si
tiofi, Jocut, Tugdin et Gwénolé, consacrés à leur lour par la main du pieux évêque, attestèrent la Parole de Vie aux peuplades ignorantes qui croupissaient le long des rivières d' Aon et "■ " près des sables envasés où leurs barqu dans la boue attendent l'heure de la folles traversées. Tugdin remonta le i au Faou, lieu grandement retiré, néar tualion profitable, ayant la commodii ou bras de mer, évasé en cet endrc charge, au flot montant, d'une eau porte le golfe de Brest.
Gwénolé, en qui Gralon mettait sances, intronisé sur la chaire abbatl vennec, goûta dans ce désert la paix d les heures chastes du silence et de la II ne sortait guère de l'obscurité me tabernacles, où, pareil au cerf de 1'^ ment, il étanchait une soif toujours i térités et de prière, que pour consoler attestant par quelque inattendu prodi tence du Très-Haut.
La cellule du bienheureux abbé froide, non moins indigente quecelledi de ses frères — dominait sur la mer qi une tempête indéfectible. L'estuaire golfe les courants du Faou, d'Elorn, i
a3i po^.MEs ÉLiGuoins
de Châteaulain assiste au conflit perpétuel des eaux amères et des eaux douces. Même par un ciel clair où ne palpitent que des brises amicales, c'est un dur remous qui fait danser les plus fermes bateaux comme le test d'un crabe mort. Le soir, quand le vent s'apaise, quand des nuages en feu, sur le couchant de cuivre et d'émeraude, glissent pareils à d'incandescentes goélettes, une horreur plane sur ce lieu, comme si les Esprits de la mer, négligemment exorcisés, y revenaient encore.
Les oiseaux pélagiques, sternes, mouettes, accipilres, vanneaux, courlis, jettent dans le crépuscule des appels discordants, puis s'abattent comme une grise écume parmi les salicores, le long des javeaux pierreux, cependant que, déployant leurs ailes ardoisées, les nobles hérons gagnent en hâte les nids terrestres et le juc forestier. Les aurores d'été y sont froides, non pas jaunes du bel or solaire, mais à peine égayées d'un reflet d'argent, lueur confuse que l'on dirait tamisée par une lame de burgau . Dès les premiers froids d'automne, un brouillard estompe les collines bleuâtres, les (les d'améthyste, les bois de pins dont l'héroïque verdure triomphe du gel et des frimas. L'Océan reconquiert à son empire le sol usurpé quelque temps par le travail humain.
Cependant, qu'importait à Gwénolé cette mer
furieuse, et la barre intumescente, et les vents déchaînés, et le fracas des embruns, lui qui, touchant les flots de son bourdon, marchait aussi fermement dessus que dans l'herbe des pr''-"''"' '■■■ qui se jouait des éléments et séchait les mères veuves de leurs fils I
Quand le gouffre avait absorbé la ban quipage, la femme en pleurs se ruait au du bienheureux, comme Ra'hel dans Ram tant le fruit de ses entrailles. Le sainl prosterné en oraison, touchait d'un signt les lèvres du noyé qui, dégorgeant aussi meurtrière, se levait tout droit, plein de et de vigueur, au nom de Celui qui fait ■ hréhaignc dans une demeure nouvelle, mè: de robustes enfants. Tel, autrefois, Gildi cita Madame Tîphaine mise à mort par Quemper, son époux, lequel, soudain devina être enceinte, la fil méchamment abusant du saint mariage plutôt pour bsi concupiscence et dérèglements que pou d'avoir lignée et perpétuer sa maison.
Or, advint que Gralon abandonna ' métropole de ses aïeux, laquelle fut à sai tin dévolue, et transféra sa cour dans importante sise au bord de la mer, pointe de Crozon et le capFountouniou,
334 POËilES ÂLÉr.IAQUES
même où, de présent, s'élargît la baie de Douarnenez. Cette ville se nommait Is. De lâi, venait fort souvent à Lantévennec le bon roi que son âge inclinait aux pensera d'outre-tombe et qui, pour accroître ses mérites, prodi^ait à l'abbé rentes et possessions, lui donnant son manoir de Tévennec, plus toutes les appartenances mouvantes d'icelui, jusques et y compris la forêt d'Angola.
GwénoU que cet auguste voisinage enlevait à la contemplation des choses ëteraelles, descendait vers le siècle et rendait visite à son prince dans l'orgueilleuse cilé d'Is. A chaque fois, le saint vieillard épanchait l'anathème contre les fornications et les stupres de tout genre qui se perpétraient dans cette ville magnifique, absorbée en luxe, débauches, vanités, en obstination pècheresse, et que menaçaient déjà les feux expiatoires de Gomorrhe ou de Pompeï.
Fut notre saint abbé miraculeusement informé de la juste punition que le courroux divin préparait aux habitants de ce lieu exécrable et nommément à la princesse Dahut, fille impudique du bon Roi, qui, par ses déportements et sacrilèges, par la bestialité de ses amours, luttait d'infamie pages de Sodome et les pballophores
pour accorder aux pécheurs une
nière, le temps de la résispiscence et du pardon, quelques signes apparurent, des présages susceptibles d'émouvoir les cœurs iadociles et fermés.
Kntre autres, un Dragon marin, plus semblable à une vouivre qu'à n'importe quel poisso t'Âtlanliquc, ravagea les faubourgs et 1 en même temps le pays circonvoisin, hommes et bestiaux, intligeantdes blessu dégoûtantes plaies à ceux que la mort point d'un seul coup.
Averti que fut Gwénolé de cette bon veille, il se rendit eu la capitale de Gn chant le repentir aux fuyards rengrégés pas: « Et pour vous faire connaître que vous annonce estvéritaiie, si, renonçant à mes délices, vous ne fermes plus vos et aiguillons de la pénitence, je vous déll ce Basilic très pernicieux, au nom duPèr et de l'Esprit dont ma voix préconise qui n'aura jamais de fin. »
A cette parole, tout un peuple répoi obéirait sans faute ni langueur. Alors, commanda au chapelain du roi de dispos pour une messe grande; puis, l'ayant cél^ avec une extrême ferveur et dévotion, d'une voix forte la Pestilence cachée en i et le faon qu'elle avait mis bas. Le monsl
33(> F0ÉHE3 BLÉGItQUES
coureur des célestes représailles vint, docile au commaademeot du bienheureux, la gueule béante, !ux pareils à des lueurs d'incendie, heurtant 'é de ses écailles sonores el, bientôt, se couclia lieds de Gwénolé qui lui lia son étole autour îius, puis, dans cet équipage, le mena vers le Balz, d'où fut son cadavre immonde prédans les Ilots. Ainsi, par les chemins qu'emière te feuillage gris de l'olivier et du lauriersur les coteaux embaumés d'origan et de ie, Marthe, la cadette laborieuse de Madcconduisit par un ûl d'or la ïarasque de Proet la no^^a, rugissante de colère, dans l'azur :I des médilerrauées .
is le miracle de Gwénolé n'eut d'autre etTet e purger la terre d'une forme diabolique. Les cis mépriscreut leur salut et tournèrent U en dérision le geste du vieillard. A peine franchi les portes dis que se déchaîna une ite de grêle et d'éclairs,un tourbillon si impéque la vague, émergeant sur cette misérable la couvrit tout entière de ses eaux. Dahut :hiiae engloutie, avec ses amants, ses esclaves , concubines, disparut dans un gouffre qui le nom de Ïoul-Daliut, c'est-à-dire, le per- >ahut, d'où monte encore, pendant les nuits -anles, un appel désespéré des cloches qui
s'attrislenl, sous l'onde verte, de n'être jamais plus bénites avec l'eau, le sel et la lumière, pendant la messe de l'Âlleluia.
A présent, réunis en un même charnier, Gralon et Gwénolé dorment à ciel ouvert dans les ri"""" de Lantévennec. La chapelle abbatiale crevée truite, béante aux souffles du large, ne coi d'autres fidèles que les plantes grimpantes, arbustes épineux. Le saint évéque, taillé en granit, a la face écornée d'un coup de pi L'image de Corenlin, son maître, gît parm pariétaires et les mousses. Des mufliers, des nelles aux teintes magnifiques ont envahi le m: autel. Dans la chapelle du successeur de Ca les hirondelles de la mer ont appendu leur nid myrthe épanoui, d'âpre et généreuse odeur, co de ses corolles ardentes le naos que profanère longtemps les mystères du Galiléen. Triompht ta Vie éclate sur les décombres du temple élev culte de la Mort. Et c'est la revanche de Da de Dahul engloutie sous la vague marine, soi vague d'où monte sans fin l'étcraclle Aphro livrant sa nudité victorieuse à l'étreiate salée. baisers du fiot épars et baignant dans la clan l'aube la pointe vermeille de ses seins.