‹ PoèmesChapitre 50 sur 53 · I.KS DIEUX · texte numérisé non relu

I.KS DIEUX

Kl mon désert de cœur est peuplé de Dieux noirs, Ils s'érigent, blocs lourds de bois, ornés de cornes Ht de pierres, Dieux noirs silencieux des soirs, Morne» et noirs, dans le désert de mon caur morno,

" Avec des yeux, comme les yeux des loups, la nuit.

Avec des yeux comme la lune, ils me regardent; ■ Et c'est ver» eux, vers leur terreur que mon ennui

îonie, c'est vers ces yeux nitrenx qui me poignardent.

Mes Dieux, ils sont : le mal gratuit, celui pour soi, L'unique ! Ils le rêvent, au clair minuit des astres, Voici soudain leur ombre en moi, comme l'effroi Entr'aperçu, la nuit, de ténébreux pilastres.

Et les uns des autres insoucieux : seuls — tous. Chacun pour soi rêvant à sa toute puissance, Sous les plafonds de fer des firmaments jaloux ; Et la taisant, pour l'aiguiser, sa malfaisance.

Les uns ? la haine — et les autres ? l'atrocité. Tel autre, avec des dents lentes et vexatoires. Mâchant et remâchant sa tacilurnité ; Et tel, avec du rouge en feu dans ses mâchoires.

Ils sont les éternels de mon désert, ils sont De mon ciel violent, dont les anciens tonnerres Ont saccagé l'azur, l'immobile horizon ; Is sont mes éternels et mes tortionnaires.

Oh ! leurs rages de bête, oh ! leurs orgueils de roc, O les cruels, ô les tristes, ô les nocturnes. Voici ma chair et mon cerveau, voici le bloc De mon entêtement sous vos pieds taciturnes.

Ecrasez-moi : je suis victime — et que mon cœur Soit le captif de vos vouloirs tentaculaires ? Ecrasez-moi, sous votre énorme poids vainqueur, Et que je meu re, au vent de fer de vos colères !

LES FLAMBEAUX XOIRS jg^

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