‹ Poèmes épars de Joseph Lenoir-Rolland, 1822-1861Chapitre 16 sur 28 · AU TEXAS · texte numérisé non relu

AU TEXAS

Au Texas

Savez-vous ce que c'est qu'un duel d'Amérique, Délicats amateurs d'au-delà l'Atlantique,

Qui tirez une arme avec art ?

Savez-vous qu'à vingt pas un coup de carabine Atteint toujours le front auquel on le destine, Que la balle jamais ne s'égare autre part?

Or, le plus ferme doigt, crispé sur la détente,

Peut bien parfois faiblir, dans les moments d'attente

Précédant le triple signal.

On touche un but; c'est vrai: mais la rouge blessure N'a pas assez de sang, pour laver une injure, N'a pas assez tué le corps d'un dur rival!

Chez vous, au premier sang, toute haine est éteinte. Un seul pas en avant, chez nous, est de la crainte,

Flétrit le dernier des texiens.

S'il tombe, il lutte encore ou provoque du geste Un adversaire intact, à la main forte et leste, Qui l'achève en riant et le livre à ses chiens!

De tous les instruments de mort ou de supplice, La hache et le couteau servent mieux, dans la lice,

Quiconque veut s'y hasarder!

La lame du couteau, lorsqu'elle est bien coulée, Qu'elle est forte, portant une pointe effilée, Va bien au bout du bras, qui sait le commander.

— Il devra terminer nos rugissantes haines!

Se dirent deux voisins, en se montrant les gaînes,

Qui battaient leurs larges côtés.

Et tous deux s'en allaient, cherchant chacun deux Farouches assistants de luttes téméraires, [frère

Aventureux bandits aux déserts emportés!

Un bouge abandonné, dont le vieux toît s'incline, S'estompe sur le front d'une haute colline,

Comme un spectre des noires nuits.

Quatre hommes sont couchés, sur le devant du porche, Tenant tous quatre en main une flambante torche; Leur oreille du sol semble écouter les bruits.

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