‹ Poèmes épars de Joseph Lenoir-Rolland, 1822-1861Chapitre 4 sur 28 · HOMMAGE A LA MEMOIRE DE M. JOSEPH LENOIR · texte numérisé non relu

HOMMAGE A LA MEMOIRE DE M. JOSEPH LENOIR

0 muse de la poésie,

Pleure Joseph Lenoir qui n'est plus!

Le sort a, loin de cette vie,

Emporté l'un de tes élus.

Son cœur si noble et si sensible

Est aujourd'hui froid, impassible

Comme le marbre du tombeau.

Et sa muse si gracieuse,

Hélas! trop tôt silencieuse,

S'est éteinte comme un flambeau!

Il était encor dans un âge Où l'on espère de longs jours.

O mort ! voilà donc ton ouvrage !

Tu nous l'as ravi pour toujours; Mais au Canada, sa patrie, Par lui sincèrement chérie, Son souvenir ne mourra pas, là les doux accents de sa lyre, Ses vers où la grâce respire Braveront la faux du trépas.

Nous, ses amis, pleurons sur sa perte funeste, Honorons ses vertus et son talent modeste,

Comme est tout vrai talent; Rendons un juste hommage au caractère De ce parfait ami, du tendre époux, du père,

Du chrétien excellent.

Ah! si trop tôt du monde il a quitté la scène Où tout est éphémère, où plus vive est la peine

Que la félicité, Son âme aimante et bonne à son Dieu rappelée, En laissant son argile, au ciel s'est envolée,

Vers l'immortalité.

O toi, dont la mémoire Bien longtemps, pour ta gloire, Restera dans nos cœurs, Toi dont l'âme d'élite Ignorait son mérite, Semblable aux humbles fleurs!

Toi, qui vois à cette heure La sublime demeure Où règne l'éternel, Dans ce ciel sans nuage Accepte mon hommage, Mon adieu solennel!

A. MARSAIS.

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