CHANT IV
fa Mort.
v^E monde n'était pas le sien , Dieu lui gardait ailleurs sa couronne immortelle ; El la vierge ici-bas n'a dû regretter rien...
Cependant , pourquoi pleurait-elle ?
Elle pleurait sur moi , qui demeure exile De la haute patrie où son regard m'appelle ;
Moi qui n'oublierai pas qu'elle ëtait douce et belle , Et que sa voix m'a consolé.
Peut être aussi la vie a je ne sais quel charme Dont un cœur qui s'ëteint entrevoit le secret : Souvent , d'un œil mourant une dernière larme Tombe et rëvèle un long regret.
Pourquoi donc ce regret tardif, involontaire ? Ce monde cache-t-il des biens mystérieux ?
Et d'où vient, en effet, que les anges des cieux S'arrêtent quelquefois en passant sur la terre ?...
Oh ! pour desyeux mortels leurs regards sont trop
doux.
Rien n'apaisera plus le trouble qu'ils font naître... Puisqu'ils doivent cesser de se lever sur nous , Il ne faudrait pas les connaître;
La vierge est un ange d'amour Qai sème sur ses pas d'ineffables délices , Qai sait pour nos douleurs des paroles propices , Et belle , à son matin , sourit comme un beau jour.
Mais le jour quelquefois se voile , dès l'aurore : L'ange, échappe du monde, à Dieu se rëunit :
Et lorsqu'il a passe, nous le chercbons encore... Et nous voulons mourir quand le rêve finit.
ISAURE
Cl)attt cinquième»
MËILLERAYE. 83
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