‹ Poëmes et chants élégiaquesChapitre 5 sur 40 · CHANT III · texte numérisé non relu

CHANT III

£( E^tiTur.

Avec leurs grands sommets, leurs glaces ëtemelles. Par un soleil d'ëtë, que les Alpes sont belles ! Tout dans leurs fnk vallons sert à nous enchanter, U verdure, les eaux , les bois» les fleurs nouvelles. Heureux qui sur ces bords peut long- temps s'arrêter! Heureux qui les revoit, s'il a pu les quitter!

5s LE RETOUR.

Seal y loin dans la vallée, un bâton à la main.

Qui va de France à la Savoie?

Quel est ce voyageur que Vété leur renvoie?

Cest un enfant ; il marche , il suit le long chemin.

Bientôt de la colline il prend Tëtroit sentier : n a mis y ce matin , la bure du dimanche ,

Et dans son sac de toile blanche Est un pain de froment qu'il garde tout entier.

Pourquoi tant se hâter, à sa course dernière ? Cest que le pauvre enfant veut gravir le coteau. Et ne point s'arrêter qu'il n'ait vu son hameau Et n'ait reconnu sa chaumière.

Les voilà!... tels encor qu'il les a vus toujours, Ces grands bois , ce ruisseau qui fîiit sous le feuillage! Il ne se souvient plus qu'il a marche dix jours ; Il est si près de son village!

Tout joyeux il arrive, et regarde. . . MaU quoi ! Personne ne l'attend! sa chaumière est fermëel Pourtant du toit aigu sort un peu de fumëe.

£t Fenfant plein de trouble : Ouvres, dit-il, c'est moL

La porte oede; il entre; et sa mère attendrie , Sa mère p qu'un long mal près du foyer retient, Se relève à moitié , tend les bras et s'écrie : N'est-ce pas mon -fils qui revient ?

Son fils est dans ses bras, qui pleure et qui l'appelle : Je suis infirme, hëlas! Dieu m'afflige, dit- elle; Et depuis quelques jours je te l'ai fiùt savoir. Car je ne voulais pas mourir sans te revoir.

Mais lui : de votre enfant vous étiez éloignée ,

Le voilà qui revient; ayez des jours contents;

Vivez : je suis grandi , vous serez bien soignée ;

Nous sommes riches j^ur long-temp«.

Et les mains de FenCuity des siennes dëtach^ , Jetaient sur ses genoux tout ce qu'il possédait y Les trois pièces d'argent dans sa veste cachées; El le pain de firoment que pour elle il gardait.

^a mère l'en^irassait 6t respirait à peine ; Et son oeil se fixait , df larmes. obscnrd.

Sur un grand crucifix de chêne y Suspendu devant elle et par le temps noirci.

«Cest lui, je le savais, le Dieu des pauvres mères Et des petits enfants , qui du mien a pris soin ; Lui , qui me consolait quand mes plaintes amèrea Appelaient mon fils de si loin.

« C'est le Christ du foyer, que les mères imploitent , Qui sauve nos enfants du froid et de la faim. Nous gardons nos agneaux et nos loups les dévorent ; Nos fils s'en vont tout seuls .et reviennent enfin.

«Toi, mon fik, maintenant me serat-tu fidèle? Ta pauvre mère infirme a besoin de secours; Elle mourrait sans toi. » — L'enfant, à ce discours. Grave, et joignant ses main8,tombe à genoux près d'elle. Disant : que le bon Dieu vous fasse de longs jours !

ISAURE

jioeuie kAcHiicuiae et) onui c^anlb.

CHANT PREMIER, ^^tu^^ûm U (SlmOttX*

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