‹ Poèmes et sylves, 1886-1896Chapitre 6 sur 57 · UNE JEUNE FILLE PARLE · texte numérisé non relu

UNE JEUNE FILLE PARLE

Les fenouils m'ont dit ; Il l'aime si Follement qu'il est à ta merci ; Pour son revenir va t'apprêter.

— Les fenouils ne savent que flatter ! Dieu ait pitié de mon âme.

Les pâquerettes m'ont dit : Pourquoi

Avoir remis ta foi dans sa foi ?

Son cœur est tanné comme un soudard .

— Pâquerettes, vous parlez trop tard ! Dieu ait pitié de mon âme.

Les sauges m'ont dit : Ne l'attends pas, Il s'est endormi dans d'autres bras.

— 0 sauges, tristes saug-es, je veux Vous tresser toutes dans mes cheveux...

Dieu ait pitié de mon âme.

LE PÈLEXUN PASSIONNÉ 87

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